LIMITES DES ACQUISITIONS INTELLECTUELLES
l'esprit ont essentiellement le même caractère, mais sont bien plus compliqués ; le système des lignes de communication qui s'étendent en tous sens dans le cerveau, s'oppose au choix facile d'une voie de sortie, et il se produit d'abord bien. des conflits et des tiraillements, jusqu'à ce que les circonstances déterminent des issues préférées, et que des accroissements de structure viennent confirmer ces préférences.
A l'appui de cette manière de voir, nous pouvons citer les effets produits par les maladies de certains points du cerveau, qui détruisent la mémoire, et effacent souvent une certaine classe d'acquisitions ou de souvenirs, en laissant les autres intactes. On a constaté un assez grand nombre de cas remarquables de destruction de la seconde circonvolution frontale du cerveau, et de la troisième, accompagnée de la perte de la parole, tandis que l'ensemble des facultés intellectuelles n'avait pas souffert.
En second lieu, la faculté d'acquisition a une limite, laquelle est déterminée par la quantité de la substance nerveuse, c'est-à-dire par le volume du cerveau.
Nous sommes assez disposés à nous laisser aller vaguement à l'idée que la seule limite à nos acquisitions intellectuelles est notre manque d'application, ou quelque autre faiblesse dont nous pouvons toujours triompher. Il existe cependant des limites bien évidentes. Nous sommes tous incapables sur certains points : les uns n'ont aucune aptitude pour la mécanique, les autres pour la musique, les autres pour les langues, les autres pour les sciences. Sur un de ces points , pour chacun de nous , la mémoire est comme une corde de sable ; dans chacun de ces cas, il doit y avoir un manque de substance céré-
A. Bain. 7