ACQUISITIONS SCIENTIFIQUES
nous avons le moyen de présenter, pour ainsi dire, sous une forme numérique, retendue de nos acquisitions intellectuelles , et le nombre d'éléments partiôuliers du cerveau qui y correspondent.
Toute acquisition spéciale n'est qu'une combinaison des groupes élémentaires que nous venons d'esquisser. Une science, par exemple, comme l'arithmétique, est un grand assemblage de nouveaux groupes fouruis par les sens ; les éléments de ces groupes sont les idées de nombre que nous fournissent les objets comptés, les dix chiffres, et l'union de ces chiffres selon le système décimal. La table de multiplication jusqu'à douze, qui contient cent quarante-quatre propositions ou déclarations d'équivalence de nombres, est une arme d'une puissance infinie dans les calculs. Mais il faut encore qu'un grand nombre d'acquisitions indépendantes viennent s'ajouter à la suite de l'incorporation de la table de multiplication; il faut apprendre encore bien des règles, avec des exemples à l'appui. L'emploi des fractions ordinaires et des fractions décimales exige la formation de nouveaux rapports compliqués. Imaginons donc l'appareil nerveux distinct qui est nécessaire à un seul fait arithmétique, tel, par exemple, que « six fois dix font soixante » ; il en faudra cent quarante-quatre semblables pour la table de multiplication tout entière. Or, cette table elle-même ne constitue en réalité qu'une très-petite partie des acquisitions intellectuelles d'un bon mathématicien, môme en admettant, ce qui se voit si souvent dans les sciences, que les faits d'abord connus servent à exprimer les faits nouveaux.
Supposons un instant que la table de multiplication