‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 92 sur 157 · HAMILTON · texte numérisé non relu

HAMILTON

phénomènes intellectuels et les phénomènes physiques d'appartenir à la fois à la même substance. Cette artillerie qui tire à blanc n'a rien d'effrayant pour la matérialité. L'artifice est ai inoffensif qu'il mérite à peine d'être traité comme une observation sérieuse. Une pareille hypothèse n'a vraiment rien de solide. Qui doit commander à la nature, et lui indiquer quels phénomènes ou quelles qualités appartiennent il telle ou telle substance, quels effets résultent de telle ou telle cause? La matière est en évidence , comme entité reconnue ^ c'est un fait admis de part et d'autre. L'esprit, considéré comme entité indépendante, n'est pas si évidemment devant nous. Par conséquent, comme il ne faut point multiplier les entités sans nécessité, nous ne sommes pas en droit d'invoquer une cause nouvelle, tant qu'il est possible d'expliquer les phénomènes par une cause déjà existante; et l'on n'a jamais encore prouvé que cette possibilité n'ejçiste point. »

Hamilton observe que nous ne pouvons localiser l'esprit sans le revêtir des attributs d'étendue et de lieu ; et, si l'on dit que son siège n'est qu'un point, on ne fait qu'accroître la difflculté. Nous n'avons nullement le droit de borner l'esprit à une certaine partie de l'organisme ; il est incontestable qu'il sent au bout des doigts. Tout ce que nous savons sur l'union de l'esprit et du corps, c'est que les modifications de l'esprit dépendent de certaines conditions corporelles; mais sur la nature de ces conditions nous ne savons rien {Lectures on Metaphysics, 11, 127).

On peut répondre à Hamilton que, dans un sens, il est exact de dire que nous ne savons rien des conditions cor"

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