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L'esprit français

Avenue Wagram. Un petit hôtel trop grand pour ce qui reste de fortune à ceux qui l'habitent. Dans les pièces, pas beaucoup de meubles dont quelques-uns anciens, historiques et « de collection »; les autres sur le mode banal et très dans le commerce.

Dix heures du matin. Le jeune prince Alexandre de Styrie attend son nouveau professeur. Cabinet de travail plutôt sévère. Aux murs, des panoplies d'armes balkaniques, des selles, des tabliers serbes, des guzlas et un mauvais portrait du bon roi de Styrie, Nicolas, mort en exil sur la terre de France. Tout jeune, dix-huit ans, petite moustache brune, cheveux luisants, presque bleus,

• teint mat, yeux clairs, l'àir mélancolique et félin, le jeune prince dans son allure souple et lasse symbolise assez bien une fin de race. Il est en train de lire Le Cardinal de Richelieu, un gros volume très documenté et très sérieux, lorsque la porte s'ouvre et un domestique introduit le nouveau professeur, René Cercleux. Ce dernier blond, mince, correct, l'air d'un officier en clubman, s'assied en face du prince, dans le fauteuil que celui-ci lui désigne.

Cerci^Bux. — Je ne suis pas en retard,

monseigneur?... Pour la première fois, j'avais peur.

Alexandre. — Vous êtes, au contraire, très exact, monsieur. Ma mère m'a prié de l'excuser auprès de vous. Elle aurait vivement désiré assister à votre première leçon, mais elle est un peu souffrante ce matin.

Cercleux. — Sa Majesté n'a rien de grave, j'espère?

Alexandre. — C'est une migraine, ma mère y est très sujette.

Cercleux. — Vous étiez en train de lire, monseigneur, lorsque je suis entré.

Alexandre. — Oui, une étude sur le cardinal de Richelieu.

Cercleux. — Très bon ouvrage... Ce genre de lecture vous intéresse?

Alexandre. — Beaucoup... j'aime les livres d'histoire et surtout ceux consacrés aux grands hommes...

Cercleux. — La patrie reconnaissante.

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Alexandre. — Comment?

Cercleltc. — Rien.

Alexandre. — Je cherche des leçons pour l'avenir et j'étudie la façon de me faire chérir de mes sujets.

Cercleux. — Mon Dieu, monseigneur, il est é\*ident que c'est là de fort beaux projets et de sérieuses occupations, mais je crois que vous faites fausse route. Vous avez dix-huit ans, vous avez fait vos études au lycée Gambetta, éducation excellente pour im prince. Vous êtes bacheher es lettres et es sciences, chose commune chez nos fils d'épiciers, mais plus rare pour un prétendant au trône de Styrie.

Tout cela est très bien... mais, à présent, c'est fini de rire. Vous arrivez dans le monde avec deux bachots qm ne vous aideront pas à passer le fleuve de la vie. Il vous reste à apprendre la vie, monseigneur, et, pour commencer, la reine, votre mère, m'a chargé de vous dire la vérité que l'on doit aux princes. Je ne vous cacherai donc pas plus longtemps qu'il est plus que probable que vous ne monterez jamais sur le trône de Styrie... Je vous afflige, monseigneur?

Alexandre, un peu pâle. — Vous venez de me porter un rude coup.

Cercletjx. — Il le fallait. Est-ce que vous y comptiez vraiment?

Alexandre. — Sur quoi ?

Cercleux. — Sur votre trône?

Alexandre. — C'était le but de ma vie. Voulez- vous donc dire que je doive renoncer à mon titre de prétendant?

Cercleux. — Ne faites jamais cela, monseigneur. Il faut un titre dans ce monde : prétendez toujours, prétendez le plus*' que vous pourrez, mais sans espoir.

Alexandre. — Ce n'est pas drôle.

Cerclel-x. — On s'y fait. Il y en a plus de sept en Europe, sans compter la France, qui sont dans votre cas. Prenez exemple sur vos petite camarades ; ils

n'en meurent pas, ils en vivent, au contraire. Vous êtes comme ces auteurs qui ont toute leur vie l'œuvre définitive en préparation. Donc, gardez votre titre.

Maintenant j'aborde une autre question.

Alexandre. — Ah ! monsieur, qu'allez-vous encore me dire? J'ai peur... vous arrachez les illusions comme des dents.

Cerclel^x. — Hélas ! monseigneur, si je pouvais vous endormir ! (Avec un sourire.) Ça viendra peut-être. Le roi Nicolas, votre père, était le modèle des monarques, son peuple l'a renversé si bien qu'on a pu dire de lui que c'était un modèle déposé. (Voyant que le prince ne sourit même pas.) Oh ! mon Dieu, je ne dis pas que ça soit irrésistible. Il a dépensé dans l'exil presque tout ce qu'il avait pu économiser pendant son règne sur une assez maigre Hste civile, en sorte que, dans l'avenir, vous serez à la tête d'une fortune très médiocre, et, pour le moment, vous disposez d'une pension fort mince.

Alexandre. — Maman me donne quinze louis par mois, ce n'est pas bezef.

Cercleux. — Non, ce n'est pas bezef.

C'est ce que le petit Compotier dépense pour ses bretelles. Il s'agit pourtant, et teUe est la volonté de la reine, votre mère, il s'agit que vous teniez, malgré cette plus que modeste pension, un rang honorable dans la société parisienne, afin de vous caser convenablement, car voici le problème qui se présente : étant donné un prince, lui faire faire un mariage princier, ce qui serait la chose du monde la plus aisée si votre père, au Heu d'être pasteur de peuples, avait été simplement dans les pâtes alimentaires. Pour faire un tel mariage, il faut moins être que paraître, et paraître exige des conditions d'existence et de tenue que vous ne pouvez rempUr qu'avec de l'argent. Or, vous n'en avez pas; comment vous en procurer d'une façon admise? C'est ce qui fera l'objet de la première leçon. Je n'ai pas l'inten-

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tion de vous faire un cours, mais ce sera, si vous le voulez bien, d'aimables causeries, tantôt ici, tantôt dans le monde, d'autres fois dans le demi, au Bois, au théâtre, un peu partout... je tâcherai à causer de chaque chose en son milieu.

Aujourd'hui seulement, et comme le sujet est un peu ardu, je vous prierai de prendre quelques notes. Ecrivez donc, s'il vous plaît : Première leçon : Du Tapage.

Alexandre, un -peu étonné. — Comment dites- vous ?

CerclEux. — Je dis Tapage. Ne connaissezvous pas ce mot ?

Alexandre. — Certes, cela veut dire train, bruit; les synonymes sont boucan, chahut, brouhaha, hourvari ; on dit aussi faire du raffut, du ressaut, du schproum !

Cercleux. — Oui, oui, je sais, dans la flotte...

mais ce n'est pas dans ce sens-là que nous le prendrons. Écrivez, s'il vous plaît, une petite définition :

vous y êtes ?

Alexandre. — Parfaitement.

Cercleux. — I^e Tapage est l'action d'emprmiter une somme d'argent avec l'intention ferme et raisonnée, soulignez raisonnée, de ne pas la rendre. Comprenez-vous?

Alexandre, rougissant et un peu hésitant. — Sans doute, mais n'est-ce pas une sorte de vol?

Cercleux. — Ne dites jamais cela, monseigneur... voilà un bruit qu'il ne faut pas faire courir.

Alexandre. — Pourtant...

■ Cercleux. — Cette définition est peutêtre un peu brutale... surtout pour com-

mencer. En voulez-vous mie autre qui choque moins vos idées ?

Alexandre. — Avez-vous donc plusieurs définitions d'une même chose?

Cercleux. — Des définitions, monseigneur, j'en aurai tant que vous voudrez et jusqu'à ce que j'en aie trouvé une qui flatte votre conscience. Aimez-vous mieux celle-ci, par exemple? I^e tapage est un impôt prélevé par ceux qui n'ont rien ou pas assez sur ceux qui ont beaucoup trop.

Alexandre. — Cela satisfait mieux les idées de justice.

Cercleux. — C'est la justice immanente des choses elle-même ! J'ai, d'ailleurs, consigné plusieurs observations d'expérience dans un petit ouvrage que j'appelle : Manuel du parfait tapeur, et qui doit paraître prochainement chez Rothschild avec des dessins de Forain.

Je vous demanderai la permission de vous en Hre les bonnes feuilles.

Alexandre. — Je vous en supphe.

Cercleux. — Et d'abord que doit être le Tapeur? j'entends le Tapeur type, le Tapeur avec un grand T. Le Tapeur doit avoir un beau nom, bien porté par ses ascendants, ce qui lui faciUte des relations. Il doit être toujours très correct, plutôt mis avec recherche afin d'inspirer confiance et de plus aisément faire des dupes ; pour la même raison, faire partie d'un cercle coté. Il est évident qu'être du Franco- Rasta ou des Pieds-Nickelés ne serait pas ime recommandation. Il doit être parfaitement au courant de la vie privée, des

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liaisons, des scandales, des infamies, des vices secrets, des passions honteuses des gens auxquels il peut s'adresser. Il doit connaître tous les cadavres, car autant le Tapeur doit inspirer confiance par ses exquises relations et la correction de sa tenue, autant il doit inspirer défiance par sa science parfaite du potin et son adresse à faire des mots cruels.

Alexandre. — Mais en supposant qu'on sache tout ce que vous dites, il faut encore avoir de l'esprit et tout le monde ne peut pas faire des mots cruels.

Cercleux. — Cela n'a aucun rapport avec l'esprit. Il est aussi facile d'être cruel que bienveillant, et l'amabiHté et la rosserie sont à égale distance de la vérité; mais tandis que pour être aimable il faut atténuer ce qu'on pense réellement pour être rosse on n'a qu'à l'exacerber. C'est une affaire d'habitude, d'entraînement si vous aimez mieux. Je continue. I^e Tapeur doit être de première habileté à l'épée et au pistolet, afin d'être en état de répondre à toute allusion ou réclamation et même au besoin de la provoquer. En un mot il doit être une force, c'est-à-dire être redoutable. Mais toutes ces quahtés de lutte, d'attaque et de défense, il ne les développera que vis-à-vis de certaines personnes qui forment la classe, assez restreinte d'ailleurs, des tapables ou gens susceptibles d'être tapés. Avec tout le reste de la Société, il devra se montrer aimable et bon, séduisant dans le monde, généreux dans le demi, charitable et obHgeant avec les humbles, sans famiUarité toutefois, de façon à s'attirer, quoi qu'il fasse à la minorité, les sympathies de la majorité et à mettre toujours les rieurs de son côté. Tel fut Gaston Bayard, type bien parisien, et qui, fils d'un petit marchand de bois, mena la vie à grandes guides, et mérita d'être surnommé le Chevaher tapeur et sans reproche.

Alexandre, riant aux éclats. — Ah !

ah ! ah !

Cercleux. — Qu'avez- vous, monseigneur ?

Alexandre. — J'ai compris.

Cercleux. — Tant mieux ! tant mieux.

Vous ne vous ennuyez pas, vous n'êtes pas fatigué?

Alexandre. — Au contraire, tout cela m'intéresse au plus haut point.

Cercleux. — C'est une étude très attachante...

Alexandre. — Tout un art !

Cercleux. — Et même une science, une véritable science. A présent que nous avons défini ce que doit être le Tapeur...

Alexandre. — Avec un grand T...

Cercleux. — Toujours... il convient de définir ce que doivent être les tapés. . . Ces derniers devront toujours pouvoir être pris par les sentiments, les mauvais bien entendu : la vanité, la crainte ou l'intérêt. En aucun cas, il ne faut compter sur la générosité naturelle ou l'obligeance des gens, encore moins sur leur reconnaissance, si on leur a auparavant rendu quelque service. Il y a des exceptions cependant. Voici un principe absolu et sur lequel je ne saurais trop attirer votre attention : il ne faut jamais accepter d'une femme le moindre secours d'argent, alors même que vous l'adoreriez et qu'elle vous aimerait bien... Vous êtes joH garçon, monseigneur, quelques-unes pourraient vous tenter et vous en offrir...

Alexandre. — Braves créatures.

Cercleux. — Soyez inflexible, car les femmes qui sont sincères et admirables dans ces moments-là deviennent injustes et vipérines à l'heure inéluctable des ruptures et vous reprochent ces sortes de services en des termes qui le plus souvent manquent de noblesse, et même lorsqu'elles ne vous les ont pas rendus !

Alexandre. — Pourtant, si comme vous le prétendez, mon but dans la vie est de faire un beau mariage, il me semble qu'épouser une femme riche, alors que

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soi-iucme ou n'a pas le sou, c'est en souune recevoir d'elle uu secours d'argent.

CerCLEUx. — Voilà encore un bruit qu'il ne faut pas faire courir, monseigneur, ce serait discréditer la belle institution du mariage sur laquelle repose la famille et par conséquent la patrie. (Il fredonne l'air national styrien.)

AivEXANDRE. — Excusez-moi : je ne voyais pas si loin.

CërCLEUX. — Non, non, lorsque pauvre vous épousez une jeune fille qui a un sac, dites-vous bien, ^

pour chloroformer vos CCn^^^ scrupules, que ce sac ^Â ^

lui vient avant tout

A1.EXANDRE. — Sans doute, mais dans le cas opposé?

CercIvEux. — J'y arrive... Si la personne, au contraire, a le genou engoncé, le ventre concave, les seins piriformes, l'œil pauvre, le cheveu triste et la dent terne, si, en un mot, elle n'est pas très jolie, n'est-il pas naturel que vous soyez dédommagé par la fortune de cette infortunée de votre dévouement à lui faire connaître des ravissements qui vous inspireraient plutôt de la répugnance?

A1.EXANDRE. — Cela me paraît assez juste.

CERCI.EUX. — Vous voyez bien, mon-

parents et que, par conséquent, c'est les parents que vous tapez de ce sac, tapage auquel le père et la mère mettent d'ailleurs cette condition expresse que vous couchiez avec leur « demoiselle )).

A1.EXANDRE. — A ce compte-là, je me vends... c'est odieux ou ridicule.

Cer CIREUX. — Évitez donc d'employer ces mots immédiats et définitifs. D'abord, ces sortes de sacs-là ne sont jamais des ridicules; ensuite si la « personne » est exquise et désirable, ne pouvez-vous pas être sincèrement épris ? Un grand amour, ime passion véritable ne purifient-ils pas tout?

seigneur, vous y venez. Je vous le dis, c'est mathématique. Donc, et pour nous résumer, retenez bien ce principe absolu : En dehors du mariage, il ne faut jamais taper une femme, même avec une fleur. Je vous ai dit tout à l'heure qu'il fallait prendre les gens par les sentiments, — la vanité par exemple, — ce qui peut se formuler ainsi : il faut toujours taper un plus petit que soi.

Alexandre. — Conmient?... je ne comprends pas.

Cercleux. — Plus petit, non pas par la fortune, ce qui n'aurait pas de sens, mais par le rang, l'éducation, la naissance. C'est ainsi rfuc l'on a vu des ducs et même

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des princes héritiers taper de simples barons d'une religion différente de la leur. Ces derniers se paient en donnant familièrement le bras dans la rue à leurs obligés, en les ayant à leur table en des dîners où ils déploient un luxe insolent qui allège d'autant le fardeau de la reconnaissance.

Alexandre. — Je ne pourrais pas dîner avec un homme auquel je devrais de l'argent dans ces conditions-là... Il me semble que cela se verrait sur mon visage.

Cercleux. — Oui... et vous auriez le plus grand tort; d'abord, ce n'est pas sur votre visage que cela se verrait, c'est plutôt sur le sien, et puis il faut toujours être très crâne avec les gens que l'on a tapés, ne pas les fuir, ni les éviter ; lorsqu'on les rencontre il ne faut pas passer sur l'autre trottoir, mais au contraire marcher vers eux la main tendue...

Alexandre. — Encore !...

Cercleux, souriant. — Oui, encore...

et le visage largement épanoui ; de même accepter d'aller au théâtre avec eux, enfin ne pas les lâcher et même, si leur femme n'est pas trop repoussante, devenir son amant. De cette façon, vous entrez dans leur intimité, vous les chambrez et vous écartez les gêneurs et les parasites, dangereux rivaux, car le Tapeur doit être un soUtaire, l'association ne vaut rien. Toutes les sociétés qui se sont formées dans ce but ont misérablement échoué. Ainsi, dernièrement, quelques jeunes gens qui avaient beaucoup lu Gustave Aymard et Fenimore Cooper ont organisé une bande et se sont intitulés prétentieusement les Tapeurs de l'Arkansas... Ils n'ont pas fait un sou. Sous l'Empire...

Alexandre. — Lequel?

Cerclel^x. — lyC second... il y avait aussi les Tapeurs de la Garde... ils ont assez bien marché, mais c'était une époque de corruption... vous êtes trop jeune pour avoir connu ça. Il faut donc être

seul, se conduire dans la vie avec la prudence du serpent et l'œil du faucon et taper son frère pâle avec le rire silencieux de Bas-de-Cuir.

Alex.^ndre. — Enfin, on ne doit compter que sur soi-même.

Cercleux. — Précisément... Jack l'Êventreur était seul.

Alexandre, frissonnant. — Brrrrr !

Cercleux. — Vous avez froid, monseigneur ?

Alexandre. — Oui, dans le dos, un peu.

Cercleux. — On peut faire fermer la fenêtre.

Alexandre. — Oh ! ce n'est pas la fenêtre, c'est ce que vous dites.

Cercleux. — Parce que je vous ai parlé de Jack l'Éventreur? mais c'était mon devoir, et cela nous amène à ceci : il faut taper comme on assassine, c'est-àdire aller jusqu'au bout : être bien décidé, n'écouter aucun raisonnement, terrifier la victime qui est alors forcée de s'exécuter. Il est puéril de taper par correspondance, par la même raison que lorsqu'on en veut à quelqu'un on ne lui envoie pas une balle ou un coup de couteau dans une lettre. Donc, n'écrivez jamais, c'est quelquefois dangereux et toujours inutile. Mais il est bientôt midi, nous en resterons là aujourd'hui, d'autant plus que je ne veux pas vous fatiguer et vous surcharger la mémoire.

Alexandre. — Je ne suis pas fatigué du tout et j'ai passé deux heures délicieuses.

Cercleux. — J'ai fait de mon mieux, monseigneur. Est-ce à dire que vous saurez taper demain ou dans un mois ? Non, je n'ai pas cette prétention, ce serait trop beau ! Mais vous avez les principes, il faut qu'un jeune homme ait des principes.

Ah ! j'oubhais... la reine votre mère m'a prié de vous perfectionner dans l'étude de la langue anglaise...

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Alexandre. — Pourquoi?... je ne serai pas dans le commerce?...

Cërcleux. — Oui, mais vous êtes appelé, monseigneur, à connaître des jockeys, et pour peu que vous-même conduisiez un mail ou montiez en obstacles, cet idiome vous est indispensable. Je vais donc vous dicter un petit thème qui aura justement quelque rapport avec la leçon ou plutôt la causerie que je viens d'avoir l'honneur de vous faire. Écrivez, s'il vous plaît. C'est une anecdote tirée de mon petit manuel. Vous y êtes?

Alexandre. — J'y suis.

Cercleux. // dicte, le prince écrit.

trait de présence d'esprit d'un

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