‹ L'esprit françaisChapitre 171 sur 315 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

PRIOLA, M'"^ DE VALLEROY

MADAME DE VALLEROY. VouS aveZ

parlé à M'"'^ Le Chesne ?

PRIOLA. — Je lui ai parlé.

MADAME DE VALLEROY. — C'est inOUÏ.

Elle est très jolie.

PRIOLA. — Elle a embelli, c'est vrai.

MADAME DE VALLEROY. De quoi lui

avez-vous parlé?

PRIOLA. — D'amour.

MADAME DE VALLEROY. — Comme à moi? Même chanson.

Le Marquis de Priola

rRTOLA. — Sur un autre ton. C'est le :,n qui la fait.

MADAME DE VALLEROY. Et il n'y a

r!s uae heure, vous aviez l'audace...

PRijDLA. — Je les ai toutes. Je n'ai que 1 C'est ni on originalité. Oh ! prenez arde. Vous êtes en train de tourner au 'idicule.

MADAME DE VALLEROY. En qUoi fai-

a'.it, s'il vous plaît?

PRIOLA. — En devenant jalouse.

MADAME DE VALLEROY. Moi ? Et de

ui? grand Dieu !

PRIOLA. — Mais de ma femme... (Elle if.) Mais oui... l'arrivée subite de ma

L'iume...

MADAME DE VALLEROY. Ce n'est pluS

otre femme d'abord, c'est celle d'un auro.

PRIOLA. — Four moi, c'est toujours la lionne, j'ai été le premier... et puis tou- CvS les femmes sont ma femme... Je re- )ronds : son arrivée vous a exaspérée.

"ouG alliez partir, vous n'êtes par partie, ous vous êtes jetée au cou de mon petit ierre avec la vague idée de me trou- )ler... moi, Priola! Oh! oh! enfantin! et ous avez remonté tout un étage, inviniblement attirée ici, pour savoir ce qui .'est passé, pour en parler. Eh bien ! je l'ai qu'un mot à vous dire, c'est que je .'DUS attends chez moi demain.

MADAME DE VALLEROY. J'ai jUSqu'à

lemain? Merci. C'est une commande. Et 1 quelle heure, s'il vous plaît? Que je ne ^ois pas en retard ?

PRIOLA. — A partir de deux heures, lap plus tard que cinq, parce que c'est heure oii je vais au cercle.

MADAME DE VALLEROY. • — A merveille.

On n'a pas idée d'une plus divine impertinence ! Ah ! il y aura demain un de nous deux qui sera bien étonné.

PRIOLA. • — Oui. Mais lequel? Mystère!

MADAME DE VALLEROY. - — Qu'est-oe qui

"OUS étonnera le plus, voyons ? Que je . ienne ou que je ne vienne pas?

PRIOLA. — Cette question!... Que vous le veniez pas?

MADAME DE VALLEROY. DélicieUX !

Ct si je venais?

PRIOLA. — Ça. rft nv'étonnerait plus!

MADAME DE valLlKkoy. — Eh bien 1 tenez, j'en prencs mon parti, je viendrai.

PRIOLA. — A la bonne heure.

MADAME DE VALLEROY. Après tOUt,

je suis si tranquille !

Ils rient tous deux.

PRIOLA. — Et moi donc !

MADAME DE VALLEROY. Ainsi, c'est

entendu... Vous n'avez pas l'air d'y croire ?

PRIOLA.

douté.

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