‹ L'esprit françaisChapitre 215 sur 315 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MADAME HENRI, PAULINE. UN GARÇON, UN AUTRE GARÇON, LE MAITRE D'HOTEL, LE COMTE BRIQUET, LE CHASSEUR, UNE DAME, UNE AUTRE DAME, UN MONSIEUR.

UNE DAME. — Il n'y a pas encore grand monde.

DEUXIÈME GARÇON. — Ça va venir.

LA DAME. • — Mettons-nons là, dans ce petit, coin, nous serons très bien.

MADAME HENRI, tout en écrivant, à Pauline. — Entends-tu la pluie, Pauline? {Elle regarde le cadran.) Une heure moins vingt. Avec ce temps-là, nous n'aurons plus grand monde ce soir.

Sonnerie électrique, un des garçons sort par l'escalier.

PAULINE. — Tant pis, plus il y a de monde, plus ça m'amuse. Qui est ce vieux monsieur dans le fond, ma tante?

Viveurs

MADAME HENRI. — C'est le comte Briquet, un ancien lieut-enant aux Cent- Gardes,

PAULINE. — Il me regarde tout le temps d'un drôle d'aiir.

MADAME HENRI. — Parce qu'il te voit à la caisse pour la première fois. Et puis, c'est une habitude chez lui. Il y a vingt ans, il me regardait comme ça aussi !

DUVANEAU, à W^" Henri. — Pardon, madame, j'ai demandé le cabinet 5 pour minuit... M. Duvaneau... J'attends trois dames... Si par hasard...

MADAME HENRI. — Elles sont là!

DUVANEAU. — Elles sont arrfivées?

Nom d'un bonhomme !

Il monte vivement l'escalier.

MADAME HENRI. — Il se tuera ! {A Pauline.) Ecris, mignonne : trois bisques.

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