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SCENE III

Les Mêmes, CORBINEL, LACROIX.

CORBINEL, à Lacroix, en désignant la ihlt à côté de celle où est Florençay. — lettons-nous là. {Le garçon attend.) Cho- >lat ! avec des brioches.

LACROIX, au garçon. — Moi aussi.

eux petits jeunes gens en macfarlane, cravates liliiiches, fleurs énormes, entrent tout pareils, s'airêtent un instant sur le seuil, regardent et font lentement le tour des tables en silence, run derrière l'autre.

CORBINEL, à Lacroix. — Depuis tanit (jue nous ne nous sommes pas quittés, ■ vous admire. Vous avez déjà l'air un vieux Parisien. Rien ne vous )ate.

LACROIX. — J'ai toujours été comme i : je ne suis ni gobeur, ni timide.

Un temps.

l'N DES JEUNES GENS, à son ami. — • Gai, Duiand de ce soir, hé !

l'ami. — A sangloter!

LACROIX, à Corhiiiel. - — Très bien, ces 'ux petits seigneurs.

CORBINEL. — Pas si haut ! Vous allez ms attirer une affaire.

LACROIX. — Mais non. Et puis, quoi?

CORBINEL. — Toujours casse-cou.

)mme au régiment.

LACROIX. — Un peu. {Montrant < jeunes gens qui s'en vont.) Qui t-ce?

CORBINEL. — C'est un article spécial.

;s gens qui se montrent. Ils entrent, iDis petits tours et puis s'en vont. Ils

L'AMI. — A sangloter!

vieux monsieur extra-chic paraît sur le seud.) Ah! voilà Sa Majesté.

LACROIX. — Comment dites-vous?

CORBINEL. — Gustave I", Tatave. Un souverain en retrait d'emploi.

LACROIX. — L'ex-roi de Moldavie?

Viveurs

CORBIXEL. — En personne. Il tient maintenant la grande maison de bicyclettes de la rue de Maubeuge.

LACROIX. — Bravo!

Le monsieur sort.

CORBINEL. - — Il nous a assez vus.

LACROIX. — Moi aussi. Dites donc, c'est très amusant toute cette faisanderie parisienne, mais j'ai beau n'être du boulevard que depuis onze jours, par instants, j'en ai déjà un peu assez. Il y a autre chose, sacrelotte !

CORBINEL. — Quoi donc 1

LACROIX. — Mais tout... il y a la France, le pays... les intérêts... je ne sais pas, moi. (// 2)rend le Temps.) C'est comme... ça, tenez! tous les gens que je vois ici ouvrir un journal vont droit à la quatrième page.

CORBINEL. — Aux échos de théâtre, bien entendu.

LACROIX, lisant. — « Nous sommes heureux d'apprendre que M. Durzac, le sympathique directeur du Petit Eossard, vient d'être nommé chevalier du Nicham. B

CORBINEL. - — Eh bien, ça ne vous intéresse pas ?

LACROIX. — Si, c'est très gentil, mais... et le reste? (Il tape dans l'intérieur du journal.) Les blés, le vin, notre commerce... quarante soldats faits prisonniers au Tonkin et mutilés ; ce soir, ce coup de grisou près d'Arras... cent cinquante mineurs ensevelis !... Personne ne lit ça... Personne ne s'en occupe.

C'est pourtant plus attachant que le Nicham du sympathique chenapan, ou...

la légère indisposition de la charn ante ingénue.

CORBINEL. — Bon petit être, va ! bon petit être!...

LACROIX. — Vous vous moquez de moi?

CORBINEL. — Oh! non, gardez ça, j'ai été comme vous.

Paraissent Claudine et Morvillette qui restent à causer près de l'entrée.

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