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LE COMTE, CLAUDINE, CLARA

CLAUDINE. — Tenez, Clara, dégrafezmoi donc ma jupe.

LE COMTE, s'instaUant dans un fauteuil. — Qu'est-ce qu'il avait donc Vétheuil ce soir, pendant le dîner?... il n'avait pas l'air gai.

CLAUDINE. — Je n'ai pas remarqué, il était comme à l'ordinaire.

LE COMTE. — Il était pourtant à côté de Jamine qui a l'air de le trouver très à son goût.

CLAUDINE. — Vraiment. {A Clara.) Allez me chercher ma robe de chambre.

LE COMTE. — Vous avez entendu...

elle lui a demandé de la reconduire.

CLAUDINE. — ■ Xon, je n'ai pas fait attention. (.4 Clara.) Allez donc me chercher ma robe de chambre.

LE COMTE. — C'est un si charmant garçon... J'ai vraiment une grande sympathie pour lui.

CLAUDINE. — Ah! oui, il est gentil.

(A Clara.) Allez me chercher mes pantoufles, puis vous me déchausserez.

LE COMTE. — Et mon ami Chérance, comment le trouvez-vcus ?

CLAUDINE. — A quel point de vue?

LE COMTE. — A quel point de vue? II a causé avec vous... 11 est intéressant à entendre causer.

CLAUDINE. — Ah ! oui, il est intéressant un peu raseur.

LE COMTE. — Il s'écoute parler, mais ce n'est pas le premier venu, feavez-vous qu'il vient ae faire sur le droit divin un ouvrage très remarquable ?

CLAUDINE. — Non... Je sais qu'il a eu l'air cl apj^récier le dîner...

LE COMTE. — C est un esprit très éclairé.

CLAUDINE. — Il a rejjris deux fois de la glace.

LE COMTE. — Elle était très bonne, d'ailleurs, votre glace. De chez qui venaitelle ?

CLAUDINE. — Mais de chez Alexandrine, comme toujours.

LE COMTE. — C'est curieux... ma femme se fournit aussi chez Alexaudri]i3, et ça n'est jamais aussi bon. D ailleurs, on mange mieux chez vous que chez moi.

CLAUDINE. Oui?

LE COMTE. — Oh ! oui, c'est bien connu dans Paris.

CLAUDINE. — Je vais vous dire, c'est Cju'il y a deux Alexandrines, la bonne et la méchante. Il y en a une, une brave femme, M""^ Viard, à qui Alexandrine a vendu sa maison, au coin de la rue de Londres, et qui a continué sous le nom d 'Alexandrine : et puis alors la vraie Alexandrine, celle qui avait vendu sa maison, s'est établie place du Havre, pour faire concurrence à celle à qui elle ava^*" vendu : celle-là, c'est la méchante.

Le comte. — Ah ! A la

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