UNE LÂCHETÉ
lais partir. J'étais très fort avant de t'avoir vue, mais dès que tu es entrée ici, j'ai compris que jo ne partirais pr.s.
J'étais vaincu d'avance et tu sais bien que je ne peux pas vivre sans toi... j'ai besoin do ta voix, de ton odeur, de tes caresses...
Amants
j'ai besoin d'avoir la tête sur ton épaule eb de t' embrasser et de t' adorer et de te le dire. Oui, il faut que tout le reste nous Goit bien égal. Eh bien, c'est vrai , puisque nous avons vécu ainsi jusqu'à présent, nous pouvons bien continuer sans faire de mal à personne... il s'agit de s'arranger... puisque nous savons oii est le danger, nous l'éviterons. Mon Dieu, tu seras moins autoritaire, moins jalouse, et moi je serai plus patient, plus indulgent. Tu ne seras plus méchante comme avant-hier.
CLAUDINE. — C'est toi qui as été cruel... dire que tu as pu rester un jour sans me voir !
vÉTHEuiL. — Il fallait une explication... nous l'avons eue ; elle n'a servi à rien, oublions-la... on s'aime?
CLAUDINE. — Mais oui.
VÉTHEUIL. — Vois-tu, c'est l'essentiel.
CLAUDINE. — Est-ce que tu es si à plaindre que ça ?
VÉTHEUIL. — Que ça, non.
CLAUDINE. — Est-ce que nous n'avons pas eu des heures charmantes, des souvenirs inoubliables?
VÉTHEUIL. — Mais si.
CLAUDINE. — Alors, embrasse-moi .
VÉTHEUIL. — Ah! Claudine! je te retrouve, laisse-moi te regarder.
CLAUDINE. — Non, non... il fait trop clair ici... j'ai tant pieux é, je ne dois jîas êti'e jalie... (Elle va à la fenêtre, ferme Jeu rideaux eju'eUe attache avec son épingle à chapeau. Elle revient s'asseoir.) Comme ça, c'est plus mystérieux et tu ne vois pas que j'ai Icg yeux l'ouges. Viens là, mon amour, tout près de moi, comme dans les premiers temps que nous nous aimions. Tu te rapide! les, tu te mettais à mes pieds, ta grosse tète sur mes genoux, on regardait tomber la nuit, et ou avait des âmes de crépuscule et de silence.
VÉTHEUIL. — Je t'adore, Claudine, je t'adore.
CLAUDINE. — Attends, qu'est-ce qu'il y a donc là-dessous qui me gêne ?
VÉTHEUIL. — Ah oui, je sais, je vais l'ôter.
CLAUDINE. — Qu'est-ce que c'est?
VÉTHEUIL. — C'est ma valise!
Il enlève sa valise que le domestique avait mise sur le canapé et revient près de Claudine. Ils
s'enlacent.
Et c'est ainsi r/ite (luit te troisième acte.
Au BORD DU LAC MaJEUR.