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Il n'en sait rien, ce pauvre "i
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■Paul, très monté. — Oui, filandreux ça m'agace et l'autre soir, j'ai dit — Oui, oui, je sais — parce qu'il y avait déjà un grand quart d'heure qu'il m'assommait avec cette histoire de cheval emporté qui n'avait d'ailleurs aucun intérêt, du moment qu'il n'avait que failli être écrasé. D'ailleurs, je me suis rattrapé puisque j'ai dit que c'était Bouchon qui m'avait raconté la chose.
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GoTTE. — Tu appelles ça te rattraper?
Paul, content de lui. — Mais ça n'était pas si bête et pas invraisemblable du tout.
GoTTE. — Évidemment, à cela près que Bouchon était censé être parti pour Blois depuis deux jours f^PAUL. — Je n'en savais rien ^GôTTÉT-^^Màis si,~tû, sais bien que chaque fois qu'il doit voir Germaine, il annonce bruyamment qu'il part pour Blois... à cause de son mari.
Paul. — Gustave n'est pas jaloux. ^,
GoTTE. — C'est possible, mais il tique sur Bouchon. Alors comme, ce jour-là, Germaine avait justement dit qu'elle déjeunait avec moi chez Yvonne, Gustave est allé voir le mari d'Yvonne qui, naturellement, n'avait vu ni Germaine ni moi, et comme, de mon côté, j'avais dit à Gaston que je déjeunais avec Germaine chez Yvonne, ça a fait un tas d'histoires.
Paul, atterré. — Ah!... Est-ce que je savais, moij
OÔTTE. — Est-ce que je savais!...
Est-ce que je savais! Il faut toujours faire très attention. _____^
Paul. — Que veux-tu? On ne pense pas toujours à tout. Si tu crois que c'est commode avec vous ! Il faut se rappeler un tas de combinaisons; je t'assure qu'il faut une mémoire et une présence d'esprit pas ordinaires.
GoTTE. — Tu peux bien en avoir pour nos affqjres^. c'estJaienJlejiLflins^
Paul. — Si ça n'était que pour nos
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affaires, ça serait facile ; mais il faut en core penser aux affaires de tes amies et des amies de tes amies, et ne pas les compromettre, elles ni leurs amants... C'est tout un monde à connaître et quel monde ! Toute la bourgeoisie... c'est effrayant !
GoTTE. — Nous avons besoin les unes des autres... ^___
^~PAUL.^^^^^ans doute; mais il m'est
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bien permis d'oublier l'heure exacte à laquelle Germaine et Bouchon... Enfin, comment ça s est-il arrangé ?
GoTTE. — Très bien : il a bien fallu que je trouve quelque chose, n'est-ce pas?
v,Paul^-— Je m'en rapporte à toi?^
GoTTE. — J'ai dit que nous avions déjeuné ensemble, Germaine et moi, chez Colin, dans son atelier; mais que nous n'avions pas voulu le dire, parce que nous devions rencontrer là une ancienne amie de pension à nous qui a mal tourné, qui fait la fête. . .
QPaul, avec admiration. — Oh !
GoTTE. — Qui est la maîtresse de Colin...
Q^AUL^^-Ohi)
GoTTE. — Et que naturellement, nos maris ne voulant pas que nous voyions des femmes comme ça, ils auraient fait de la musique. Alors, tu entends, si Gaston t'interroge, tu lui diras bien que Colin a pour maîtresse une ancienne femme du monde qui s'appelle Suzanne de Barancy. ^__
Paul. — Elle n'existe pas, cette Su- J mue? . -^""^ ^
GoTTE. — Tu es bête ! Bien sûr qu'elle n'existe pas; mais elle est brune, teinte au henné, elle a des yeux d'un violet foncé et lui petit accent anglais,
Paul. — Alors, pour ton mari, je la connais, -^
GoïTE. — Naturellement. A propos, n'oublie pas non plus que tu étais invité
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cun danger. J'ai fait une gaffe, c'est vrai,^ mais tu l'as très habilement réparée et ça me paraît très bien comme ça, et si jamais ton mari a eu le moindre doute, à l'heure qu'il est, il est complètement rassuré. -~,^ — ^=^=^-^-^
GoTTE. — Non, non, il faut que j'aille chez ma vieille tante, Gaston n'aurait qu'à y aller. Il m'a regardée d'une si étrange façon, lorsque je lui ai dit au revoir.
Paul. — Ça t'a sembleTrT)
GoTTE. — Et pendant le déjeuner, il n'a cessé de me parler de ce drame de la rue de la Fidélité.
Paul. — Quel drameT)
GoTTE. — Tu n'as donc pas lu les journaux?
*" Paul. — Pas encore?)
GoTTE. — Eh bien ! voilà : c'est une femme mariée, M^^^ Dunouveau, qui avait un amant très jaloux.
^Paul. — C'est qu'il l'aimait)
GoTTE. — Et cette M">e Dunouveau avait dit à son amant que son mari la négligeait, que d'ailleurs il lui faisait horreur, qu'elle avait sa chambre à elle, et que jamais, jamais, tu entends bien... '
Paul. — Oui, enfin, ce que vous dites Routes en pareil cas.
vrai
GoTTE. — Laisse-moi te raconter...
Avant-hier, l'amant est parti en voyage. Ç]Paul. — I/ainan±?Iye m^^
GoTTE. — Non, non, je dis bien, l'amant... Attends, tu vas voir; l'amant part donc en voyage, ou du moins il fait semblant; il annonce qu'il sera probablement absent huit jours. L,e lendemain il se présente rue de la Fidélité, à neuf heures du soir : il va sans le dire que l'amant était très bien reçu dans la maison, qu'il était devenu l'ami intime du
M. DONNAY
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mari, qu'il pouvait venir à n'importe quelle heure. Bref, il arrive à neuf heures et la femme de chambre lui dit que monsieur et madame sont déjà couchés, et elle ajoute avec un clignement d'yeux : « comme de nouveaux mariés ».
' Paul. — Diable
GoTTE. — Alors, furieux, il se précipite dans la chambre de M^^ Dunouveau il la trouve à côté de son mari et pan ! pan ! il lui colle deux balles dans la tête.
Qu'est-ce que tnHjsjjejga. ?
(^AUL. — Et toi?... Et elleL)
GoTTE. — Elle n'a eu le temps de rien dire : elle est morte.
Paul. — En somme, c'est un amant qui a surpris sa maîtresse en flagrant délit avec son mari. Et le mari, dans tout ça, qu'est-il devenu?
GoTTE. — Il n'a rien eu : il en a été quitte pour la peur. L'autre lui a dit : '( Mon cher, j'ai tué ta femme parce qu'elle nous trompait, car elle était ma maîtresse et m'avait juré qu'elle n'avait plus de relations avec toi. »
/^AUL. — citait un noble langage. Et (^^lors?. ^
GoTTE. — Les deux hommes se sont serré la main, et l'amant est allé se constituer prisonnier. Eh bien ! Gustave n'a cessé de me parler de cette histoire-là
fendant tout le temps du déjeuner.
Paul. — Ah ! que disaitil GoTTE. — Il flétrissait M^^ Dunouveau; il exaltait la conduite de l'amant atteint dans son honneur et, à un moment, il m'a regardée fixement dans les yeux en disant : « Si seulement ça pouvait leur servir d'exemple, à toutes ces... » Je ne te répéterai pas le mot qu'il a pro-
nonçÊi__ .
Paul. — Ça commençait par nnyjj GotteT^— Non, par mT^.
«TPaul. — Péronnelles^
GOTTE. comme ça.
Non, ce n'est pas un nom
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Paul. — Pimbêches?, GoTTE. — Non plus.
PAT7L. — "Tîh ! j'y suis... (Rêveur.) Iv' exemple ! vS'il croit que ce qui est arrivé à M"i^ Uunouveau empêchera une seule des dix mille femmes mariées qui, à Paris, entre cinq et sept, ôtent un corset quotidien... car, as-tu remarqué que c'est toujours entre cinq et sej
GoTTE. — Oui, c'est pour ça que l'on dîne si tard dans les familles.
"Paul.
Et toi-même, toi qui es une / sensitive et une pressentimentale, tra- ' queuse au delà de toute expression, n'estu pas venue aujourd'hui même toute frissonnante d'émotion et glacée d'effroi? GoTTE. — Oui, c'est étrange, et c'est pour moi une sorte de volupté douloureuse de venir ici avec le cœur qui bat à se rompre et la pensée du danger...
Car, je te le répète, en disant ces mots : — Si ça pouvait leur servir d'exemple ! Gaston m'a regardée d'une singuUère
façon. . ~— >
/ Paul. — Ça te semble ainsi, parce que / tu es coupable... et puis, je ne le crois
i^pas bien dangereux, Gaston^^ ^ — — ^"^^
GoTTi; — Il ne jaudrait-pas R'y.figr^ /^"^UL. — S'il savait, qu'est-ce qu'il
f erajt ? -— — " ~^
GoTTE. — Il me tuerait, mon trésor, mais ça ne fait rien.
ÏUL, ému. — O Gotte, meine GotteT'
c'est sublime ce que tu viens de dire là ! Mais sois sans crainte, il n'y a pas de danger, et si ton mari voulait nous surprendre, il ne t'aurait pas parlé de ce drame pour t' alarmer et te mettre en
défiance. -^
Gotte. — C'est vrai.
/PauIv. — Alors, ôte ton chapeau : tu as [l'air d'être en visite. (Il l'aide à enlever^ [son chafeatL)______^
Gotte. — Tu as dû trouver un petit
peigne en écaille que j'ai laissé ici l'autre
jour.
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Paul. — Oui... je te le donnerai tout sa l'heure.
GoTTE. — Où était-il? Je l'ai assez cherché.
(^^AUL. — Il était sous la bergère/y
GoTTE. — Ah ! oui, je me rappelle.
Paul. — Maintenant, il faut être très
gentille:— '- — "
GoTTË. — Il faut d'abord que je sache si vous m^imez.
(^AUL. — Mais tu levais bieiïIZ) , GoTTE. — Alors, vous l'aimez bien,
vptre féej '
/ Paul. — Je l'adore; quand je pense / que tu ne m'as pas seulement dit bon- V-J^our?
GoTTE. — C'est vrai... j'avais si peur ! (Ils s'élreigneni longuement.) "^Paul. — Et maintenantjl!)
GoTTE, se serrant contre lui. — J'ai moins peur. Dis donc, mon chéri, as-tu pensé à acheter ce que je t'ai dit... T'estu procuré une vrille?
Paul. — Mais oui, ô Gotte ! meine 'xGotte, j'en ai acheté une.
GoTTE. — C'est vrai? Montre-la, montre-la.
Z' FkUVTf^^nant une petite vrille, dans un tiroir de sa table. — La voici : (Il chante.)
Mignonne, voici la vrille, Le soleil revient d'exille.
Elle m'a coûté treize sous : tu vois, on peut mettre l'article en main : c'est curieux et bien fait. ^___^
GoTTE. — Tu n'es pas sérieux; mais ça n'est pas tout : maintenant il faut percer deux trous dans la porte d'entrée, afin que, si l'on sonne, nous puissions
voir^^^;
C^^AUL. — Sansêtrejvus/^
Gon^E. — J'allais te le dire. (Ils vont dans r antichambre et s'apprêtent à percer des irons dans la, porte.)