‹ L'esprit françaisChapitre 302 sur 315 · HELENE · texte numérisé non relu

HELENE

"Vous SAVEZ QUELQUE CHOSE

SUR Desdemona?

PHILIPPE. — Et puis, en supposant qu'une femme mariée, j'admets le seul cas oii elle 66 venge, apporte un enfant dans son ménage, le mari infidèle peut aussi, à ce compte-là, en avoir semé un dans un ménage parallèle et dont le père sera un autre mari, et dans ce cas-là, l'équilibre reste parfait dans une bougeoisie assoiffée d'idéal.

ANDRÉ. — Et l'on n'a plus qu'à modifier la formule pour les naissances : Le père et l'amant se portent bien.

HÉLÈNE. — Maman est écrasée !

PHILIPPE. — Maintenant, si le mari infidèle a fait à une pauvre fille un de ces enfants qu'il est convenu d'appeler naturels, n'est-il pas très juste que pour avoir jeté de par le monde un malheureux qui peut-être manquera de tout et mènera une existence misérable, il soit condamné à élever confortablement, familialement, un enfant qui ne sera pas de lui? et dans co

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La Douloureuse

cas-là l'équilibre est établi, non plus seulement dans la bom-geoisie, mais dans la société tout entière.

HÉLÈNE. — Eh bien, mère, qvi'est-ce que tu as à répondre à celai Enfin, c'est la logique, c'est la raison et la justice mêmes.

M™'' LEFORMAH. — C'est possible, mais c'est avec cette logique-là qu'il n'y a plus de respect, plus de famille, plus rien ; que tous les ménages que nous connaissons se détraquent et que le nombre des divorces augmente tous les jours.

M™*^ SUREAU. — On n'entend parler que de malheurs.

M™'' LEFORMAH. — De mon temps, il y avait moins de scandales. D ailleurs, il faut tout dire, nous avons été élevées autrement. Quand je me suis mariée, j'étais une

IIELÈNE. — Parbleu, le divorce n'était pas

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