DU SOLDAT
A ceux " - — ~^^~~~^"v\
^jÀ. ciui m'ont appris à aimer ma Patrie
'^■^T ^ ^OJ^ PÈTiE, A MA MÈT{E ^^
Janvier 1872.
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VIVE Lfl FRflnCE!
ni, France, on t'a vaincue, on t'a réduite même, ;, comme il n'a pas eu pour preuve le succès, ton courage encore on jette l'anathème, ; les Français s'en vont rabaissant les Français.
ue la faute fut grande et cette guerre folle, ui le nie? Ils sont là nos désastres d'hier, ais (ju'au bruit des canons tout un passé s'envole ! ue tout un avenir soit brisé sous ce fer!.
Lie la France n'ait plus, chez les peuples du monde, i voix dans leurs arrêts
ni place à leurs grandeurs!...
est une calomnie infâme et si profonde, u'un vaincu qui la dit étonne ses vainqueurs.
on, France, ne crois pas ceu.x qui te disent lâche, eux qui voudraient nier ton âme et ses efforts : ms gloire et sans bonheur,
tes fils ont fait leur tâche, [ais ils l'ont faite,
et Dieu ne comjite ])Ius tes morts.
ai vu de pauvres gens tomber sans une plainte ; 'autres — je les ai vus — ont combattu joyeux, t, i)ieux chevaliers de cette guerre sainte, ont morts, l'amour dans l'âme "''''•.
et le ciel dans les veux.
s ont lutté, n'étant ni l'espoir ni le nombre. t sans cesse détruits, et renaissant toujours, 'est un éclair divin de cette époque sombre, ue ces martvrs
voulant leurs supplices moins courts.
Je les ai vus, marchant les pieds nus sur la neige, Succomber de fatigue et non de désespoir ; La misère et la faim leur servaient de cortège. Mais ils marchaient, ayant pour guide le devoir.
J'en ai vu qui, captifs, s'échappaient d'Allemagne, Revenaient aux dangers à travers les dangers. Et, sans revoir leurs toits, reprenant la campagne. Retombaient par deux fois aux mains des étrangers.
Ce n'était pas toujours des soldats, notre armée ! Mais j'ai vu des blessés venir, saignant encor, Rcjîrendre dans les rangs leur place accoutumée, Et, luttant tout meurtris, se guérir dans la mort.
J'ai vu des régiments, aux jours de défaillance. Se porter en avant et se dévouer seuls. Pour qu'on pût dire au moins,
en parlant de la France, Que ses drapeaux étaient encor de fiers linceuls;
Que nous savions encor mourir, sinon combattre. Et puis, nous n'avons pas toujours été si bas : Frœschwiller est l'assaut d'un homme contre quatre Et de ces assauts-là les Prussiens n'en font pas !
Gravelotte et Borny ne sont pas des défaites; Les vivants ont vengé les morts de Champigny ; Les gloires de Strasbourg échappent aux conquêtes, Et Paris affamé n'a jamais défailli !
Oui, Français, c'est un sang vivace que le vôtre ! I>es tombes de vos fils sont pleines de héros; Mais sur le sol sanglant où le vainqueur se vautre, Tous vos fils, ô h'rançais ! ne sont pas aux tombeaux.
Et la revanche doit venir, lente peut-être, Mais en tout cas fatale, et terrible à coup sûr; La haine est déià née, et la force va naître : C'est au faucheur à voir si le champ n'est pas mûr.
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