RONDE
Danse .lutour du cep. vieux soleil de Gaule Donne à chaque pied, mets dans chaque grain Tout ce qui sourit, tout ce qui console Et que le sanglot s'achève en refrain.
Danse autour du cep, vieux soleil de Gaule !
Danse autour du blé, soleil de chez nous ! Donne à chaque épi, mets dans chaque gerbe Toute la santé nécessaire à tous.
Rends la mère heureuse et l'enfant superbe. Danse autour du blé, soleil de chez nous !
Danse autour des fronts, soleil de la France ! Fais Inire à nos veux longtemps obscurcis Un ravon de gloire, un feu d'espérance ; Mets ton nimbe d'or sur nos noirs soucis Danse autour des fronts, soleil de la France 1
Danse autour des cœurs, soleil du bon Dieu ! Verse dans chaque homme, inspire à chaque êtrel L'immense besoin de s'aider un peu.
Car vivre pour soi mieux vaut ne ])as naître ! Danse autour des c«ars, soleil du bon Dieu !
^Çria-OSTE
Ingrat qui te crois malheureux, Et te plains des coteaux pierreux, Ta pierre est pierre d'espéranoe.
Plante la Vigne, vigneron !
La Vigne est le plus beau fleuron De la couronne de France !
Pour sûr v^i "c vient pas tout seul.
Interroge un peu ton aïeul, Consulte l'ancien du village.
Ils t'en diront long les bons vieux. Et s'ils pouvaient parler tes bœufs Ils t'en diraient bien davantage.
Ils te diraient que de labours
Il lui faut ! et que de secours
Pour que la vigne vive et prenne.
Le proverbe est sage en effet
Et c'est pour elle qu'il est fait:
c Tout par travail et rien sans peine. »
Tes bits ne sont rien à coté.
Quand le grain en terre est jeté,
Il pousse presque k l'aventure
Mais l'autre... hélas! pauvre de toi!
Ça craint le chaud, (.a craint le froid,
Et des maux de toute nature.
Seulement... — cdi ! oui seulement. — Quand la grai)pe pend au sarment Kt que le vendangeur la cueille, (^)uan<l sous le pampre échevelé Le raisin brille bien gonfle C'est de l'or qui naît sous la feuille.
C'est ta fortune, et c'est encor
L'esprit plus gai, le bras plus fort,
ITn peuple heureux qui se sent vivre,
Honneur au raisin noir ou blond !
Et û de la ûeur du houblon
Qui vous rend saoul sans vous rendre ivre !
F^?LIÎI KX ^IM
3ans 11 plaine,
les blés comme un grand lac tranquille '-talent au soleil leur blonde immensité; ^ous la brise parfois leur lourde masse oscille kîais, reprenant bientôt leur surface immobile, Is dorment le sommeil de la fécondité.
3r voici que du haut de la vieille colline, — Spectacle merveilleux
dont les yeux sont surpris — ■ 'n torrent fie feuillage accourt, bondit, chemine, Jascade aux flots changeants
dont la splendeur domine /erte et pourpre au milieu des sillons noirs et gris.
C'est elle, c'est la vigne! O miracle! O m\stére ! Cet arbrisseau
moins grand qu'un buisson des chemins Qui porte dans ses flancs, qui verse dans ton verre Le rire du soleil et le sanf; de la terre. C'est la joyeuse sœur du blé cher' aux humains.
L'un ne va pas sans l'autre
et tous les deux font l'homme.
Aux nations sans vin la chair est sans esprit. La vigne est la fierté des peuples (ju'on renomme. En (irèce, vin de Chio, vin de Falerne à Rome, C'est sous les pampres verts que la gloire fleurit.
Mepci!
C'est ainsi qu'éloigné des luttes politiques, Au fond de l'Angoumois
j'ai fait ces chants rustiques Et pajsan, vivant parmi les paysans, J'apaisais mes soucis à partager leurs peines, J-'ermant l'oreille au bruit des insultes lointaines Dont l'écho se perdait sous les cieux bienfaisants.
Oui, c'est ainsi ((ue calme et muet sous l'injure, Sans rancune, mais non certes pas sans blessure. J'acceptais mon destin sans accuser mon sort, Ainsi que dans l'asile hérité de mon père. Laissant agir pour moi le temps en qui j'espère, Je forçais ma pensée à suivre un autre essor.
O mes vieux métavers témoins de mon enfance, Amis dont l'amitié prit toujours ma défense. Hommes au front ridé, femmes aux cheveux blancs, ' 'liers et bons compagnons de qui la rude étreinte Honore sans discours, et compatit sans plainte, Et qui portez joyeux vos fardeaux accablants!