‹ L'esprit françaisChapitre 82 sur 315 · IRENE · texte numérisé non relu

IRENE

M"lSOLER DU RESTE DU MONDE, ME SÉQUESTRER JE NE SAIS OU.

ans un être, le seul obstacle à tout son onheur, l'abominer de toutes ses forces, et li laisser confondre l'instaait de ses plairs avec celui où l'on rêverait le plus aremment sa mort!... Ah! la profanation!

i, honte ! la sale canaillerie lâche !

PAULINE. ■ — Irène, tu aimes quelqu'un ?

iiiÈNE. — Pourquoi?

PAULINE. — Parce que l'on ne s'exalte as ainsi contre qvielqu'un, mais 'pour uelqu'un.

IRÈNE. — Et quand même cela serait !... e n'en aurais donc qu'une raison de plus our aspirer à ma délivrance !

PAULINE. — Mais, ma pauvre chérie, a nouveau mari, tu le prendrais en grippe son tour, comme tu as pris l'ancien, par 3S causes indéfinies qui sont en toi.

IRÈNE. — Je ne suis plus l'inconsciente îune iille qui m'en suis rapportée bien lus à toi qu'à moi-même, quand tu m'as éterminée à épouser Robert Fergan. Tu vais ton expérience. Je m'en suis remise ta grande et chère autorité ! Enfin, ce 'est pas moi qui me suis mariée, il y a dix is ; c'est une autre que j'ai été à peine, b dont je ne me souviens presque pas.

lais, maintenant, je me sens être quel-

qu'un. Je suis devenue Moi... Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, et ce que je ne peux plus?... cette lutte qui me déchire, mon cœur qui métouffe, et les envies... terribles... de me tiier!...

PAULINE. — Ah! tais-toi! au nom du ciel!... Que devenir? que faire?

IRÈNE. — Tu le sais bien : c'est entendu, c'est promis. Tu avais jusqu'ici toujours retardé l'heure... La voici arrivée. C'est pour cela que tu viens...

PAULINE. — Tu le veux donc absolument ?

IRÈNE. — Tu vas tout de suite aller chez mon mari. Dis-lui ce que tu trouveras de mieux, de plus touchant, de plus décisif. Moi, je n'ai aucun crédit sur son es^ prit. Il se bornerait, une fois de plus, à }ne traiter de folle. Toi, il t'écoutera. Il me vante toujours ton sérieux, ton bon sens. La gravité de ton avis le fera réfléchir.

PAULINE. — Mais, enfin, pour divorcer, faut-il au moins articuler un motif... présenter un prétexte...

IRÈNE. — Il suffira que mon mari se mette d'accord avec moi sur les moyens que nous devrons adopter, inventer, simuler, pour obtenir un jugement qui m'af-

Les Tenailles

franchira. Oh ! dis-lui tout au monde jusqu'à ce qu'il te cède! Ne te laisse pas repousser de prime abord. Insiste, supjDiic-, fais-lui peur : va, tu le peux bien... Ei, toi-même, aie très peur : il y a de quoi !

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