‹ L'esprit humain et ses facultésChapitre 3 sur 17 · AVERTISSEMENT. VII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VII

hasardées, les conjectures pi us ou moins probables, les analogies parfois forcées, qui y sont employées.

Comme il y a partout en ce monde des avantages et des inconvénients, et qu'on a en général les défauts de ses qualités, nous ne nions point que la philosophie religieuse, au moins comme on Ta faite de nos jours, n ail mérité quelques-uns de ces reproches, au milieu du bien qu'elle a pu opérer. Prenant pour a priori le dogme chrétien et le trésor de vérités qu'il renferme, die a voulu en déduire la science de l'homme, sans s'inquiéter assez de retrouver toutes les conséquences dans les faits patiemment observés; en sorte qu'elle a été plus autorisée à dire ce qui doit être que ce qui existe en efifel. En un mot, comme il arrive toujours ici-bas, un excès en a amené un autre. L'abus de la méthode psychologique, proclamée unique et à laquelle on avait tout rapporté, a produit une réaction en sens contraire; et à son tour celte méthode , longtemps triomphante dans les écoles, a été rabaissée au delà de la justice, et peut-être sacrifiée sans raison. Car enfin, à quelques spéculations sublimes que l'explication des faits puisse donner lieu, ils restent ton* jours des faits, et pour les bien connaître, il faut <X)mmencer par les constater , par les décrire , et pour cela les étudier minutieusement, avec persévéï'ance, dans le domaine de l'expérience, et par tous nos moyens de les percevoir et de les observer.

YIll AVERTISSEMENT.

C'est ce que nous avons lâché de faire dans ce trailé^ où nous avons employé toutes les ressources de Tobservation, appliquée aux faits spirituels dont nous avons le sentiment et la conscience^ L'apôtre saint Paul dit au second chapitre de la première aux Corinthiens: tt Qui sait ce qui se passe dans Thomme, sinon Tesprit de Thomme qui est en lui ? De même, il n'y a aussi que l'esprit de Dieu qui connaisse ce qui est en Dieu. » Il faut donc se placer franchement sur le théâtre de la conscience humaine pour apercevoir et cour stater ce qui s'y passe. L'observateur trouvera souvent dans les faits les causes , les moyens et les ressorts de leur manifestation. Il doit commencer par cette méthode d'explication , qui ressort des phénomènes euxmêmes, et si elle ne suffit point, et en eifet elle est souvent insuffisante, il pourra s'aider d'autres secours qui lui apporteront de nouvelles lumières : à peu près comme si le spectateur dans un théâtre, après avoir considéré ce qui se passe devant ses yeux sur la scène, allait ensuite derrière la scène, par-dessus et par-des^ sous, pour saisir les ressorts cachés, qui» en définitive, mettent en mouvement ce qui lui est montré. Ainsi dans la production des faits de ce monde, matériels ou spirituels, dans la nature physique ou dans la conscience humaine , il y a un fond , un dessus et un dessous, que l'observation psychologique n'atteint point, mais qui p^ut noil^ être manifesté ou révélé

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par la parole de celui qui a créé rhomme et le monde, qui les gouverne et les conserve par sa providence , et connaît seul par conséquent le dernier mot de la création et de ses lois.

Quand donc nous avons extrait par Tabstraction et la généralisation de l'observation des phénomènes tout ce qu'ellepeutdonnery après avoir décrit scrupuleusement les faits et posé aussi exactement que possible la loiqui semble les régir, lerôledelaraison spéculativeétantfini et sa portée épuisée, et trouvant encore devant nous des choses qui lui sont inexplicables, nous nous adressons volontiers alors, dans Timpuissance des moyens natur rels, à renseignement supérieur de la parole divine, si nous y rencontrons quelque chose d'applicable au cas doDoé. Ce nous est un véritable bonheur que d'éclairer les choses de ce monde, toujours plus ou moins ténébreuses, de la lumière d'un monde plus élevé, et de pouvoir, jusque dans les spéculations de la science, rattacher la terre au ciel et l'humain au divin. De cette manière on retire tous les avantages de la méthode psychologique, en évitant ses inconvénients et surtout ses excès. On ne la déclare point unique, exclusive, omoipolente , arbitre suprême de la philosophie et Dttême de la création. On reconnaît que la raison deriiière de Thomme n'est point en lui, puisqu'il ne s'est P^ fait lui-même , et l'on ne prétend point déduire toute son existence ni même toute sa science de son

ï AVERTISSEMENT.

moi. Puis, quand oli a épuisé par robservalion les ri^ chesses et les ressources de ce moi, qui, toutboroé qu'il est , a encore Lant île grandeur et de fécoûdilé , on s'adresse pUis haut pour couronner rœiivre, el alors la himièi'e éleriielie , qui a tout fait par la parole ou e Verbe , et qui est au fond de toutes choses par les idées divines qu elle a réalisées et par sa vertu qui les maintient dans les faits, vient eu aide aux explicalions rationnelles pour illuminer et confirmer les résultais de la science humaine.

Le lecteur remarquera que nous avons insisté sur la partie anatomique et physiologique des organes des sens plus qu'on ne le fait d'ordinaire dans les traités de psychologie. C'est que nous avons la conviction, qu'il faut connaître h foad Thoiume physique et son organisation pour expliquer convenabl émeut plusieurs fonctions de rintelligence et les actes de rhooime moral. C'est surtout dans cette vue que nous avons autrefois étudié la médecine et les sciences qui s'y rapporlenl. Ces détails techniques rendront service, nous l'espérons, aux professeurs de philosophie, qui n'ont m le temps ni Toccasion de faire de telles études, et qui se perdraient dans les ouvrages spéciaux sur ces matières* Nous croyons leur avoir donné à peu près tout ce qu*il leur est nécessaire de savoir sous ce rapport pour leur enseignement*

Nous voudrions , par contre , que ceux qui écrivent

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