GOUVERNEMENT DE WALDECK-ROU SSEA U
monsieur Lagasse ! Nous nous connaissons depuis longtemps M. Millerand et moi. La politique qu’il défend, je la lui ai vu défendre non seulement ici, mais lorsque nous étions collègues au Conseil municipal; je laconnaisbien;c’estla politique de la déchristianisation de la France au point de vue philosophique et de la socialisation de la France au point de vue économique. (. Applaudissement à ïextrême gauche.) Est-ce que je m’en étonne? Est-ce que je reproche à M. Millerand de faire faire de si inespérés progrès à la cause que je le vois servir depuis quinze ans? Jamais, et j'espère bien qu’aucun de mes collègues, ici, 11e le contestera, jamais dans ma vie politique je n’ai éprouvé, je ne dirai pas de haine, mais même d’antipathie pour les gens qui ont une conviction différente de la mienne et qui la défendent fidèlement. ( Très bien ! très bien l)
Est-ce ici le cas? Oui, pour M. Millerand. Il 11’a rien caché à Lille ; il a montré ce qu'il pensait. Ce jour-là, on l’a vu recevoir avec un drapeau rouge la délégation des internationalisles de Bruxelles; ce jour-là, on a entendu acclamer, au nom de la révolution sociale, le premier ministre socialiste que la France ait eu jusqu’ici. (. Applaudissements à droite.) m. coûtant, — Et l’internationale des curés?
m. le président. — Monsieur Coûtant, je vous
l’esprit nouveau
rappelle à l’ordre et je préviens mes collègues que je suis décidé à appliquer le règlement. {Très bien ! très bien !)
m. coûtant. — Je dis que les socialistes...
m. le président. — Je vais vous rappeler à Tordre avec inscription au procès-verbal.
m. coûtant. —J’en ai l’habitude.
m. denys cochin. —M. Millerand a déclare que l’idée collectiviste n’était pas une chimère, mais une conception générale et féconde, et surtout il a parlé en homme politique, disant que les hommes qui défendent un système, qui professent une foipolitique, ne doivent pas défendre seulement leur cause par des arguments philosophiques, mais que s’ils veulent la faire progresser ils ont le devoir de s’emparer du pouvoir. Ce sont ses expressions mêmes. Quoi de plus vrai ?
Il n’a pas hésité. Etle jour où il s’est emparé, en effet, du pouvoir, au lieu de rester philosophe attristé et impuissant du socialisme, M. Millerand fait faire à sa cause plus de progrès que ne lui en eussent fait faire les plus éloquents discours ou les plus savants écrits.
S’emparer du pouvoir en France* un socialistecollectiviste ! Qui eût prévu cette victoire il y a deux ans, au temps où M. Waldeck-Rousseau me-