‹ L'essor de la musique espagnole au XXe siècleChapitre 11 sur 22 · VI IL — CONCLUSION · texte numérisé non relu

VI IL — CONCLUSION

Nous voici parvenus au terme de notre voyage, au but que nous nous étions assigné : faire connaître, sous ses multiples aspects, l'essor prodigieux de la musique espagnole au XX^ siècle.

Nous avons essayé de remonter jusqu'aux origines de ce mouvement qui part du profane Pedrell et du religieux Olmeda pour aboutir à un Père San Sébastian ou au benjamin Halffter... La Renaissance musicale espagnole contemporaine nous est apparue comme l'épanouissement d'une longue et saine tradition de tolk-iore mélodique et rythmique conjugué avec la, polyphonie sacrée du siècle d'or.

Cette tradition établie par des documents de toute sorte et particulièrement conservée sur l'antique vihuela abandonnée pour la moderne guitare, repose sur un fonds d'une extraordinaire variété due au fort individualisme des régions de la péninsule. Aussi bien y a-t-il avant toute autre considération d'école une musique castillane, une musique basque, une musique asturienne, une musique gitano-andalouse...

Pedrell et Olmeda furent les promoteurs profane et religieux d'un renouveau qui devait s'étendre à toutes les provinces espagnoles et susciter la levée d'une légion d'artistes qui, se rattachant à un groupe régional, n'en conservent pas moins cette individualité foncière des artistes latins et constituent un riche ensemble de tempéraments divers, se spécialisant qui dans la composition religieuse, qui dans la symphonie, qui dans le drame, mais transformant tous dès l'abord le chant populaire appris dans l'enfance en un lied personnel susceptible de développements infinis.

Et les maîtres ont surgi : après Pedrell et Olmeda, le premier dramatiste et le second symphoniste, qui n'obtinrent pas de leur vivant la réputation à laquelle ils avaient droit et qu'usurpèrent leurs contemporains officiels qui ne voyaient dans ce chant populaire qu'un agrément pittoresque et extérieur du style : nous voulons dire Breton, Chapi et Vives, des musiciens tôt illustres apparurent : Albéniz, Turina, Falla qui, portés

vers un sain réalisme, évo(|uèrent avec une étonnante expression, par la recréation du captivant folk-lore andalou, gitane ou arabe, les scènes ou les paysages qui toujours attirèrent les regards de l'Europe. Auprès d'eux un voluptueux romantique^ Granados, sut prendre dans la musique internationale, la place qu'avait laissée vacante la mort d'un Frédéric Chopin.

Albéniz, Turina, Falla et Granados, qui aimèrent la France, surent conquérir ce Paris qni consacre jalousement les renommées étrangères, et l'éclat de leurs quatre noms ne laissa pas au monde la liberté nécessaire pour suivre en Espagne même le développement d'un programme qui pouvait ainsi paraître définitivement réalisé.

Aussi bien le séduisant réidisme d'Albéniz, Turinâ et Falla nous empêcha d'apprécier le naturalisme plus riche encore de Pérez Casas et d'Esplâ, comme le romantisme nordique de Granados nous fit méconnaître l'intérêt supérieur de néo-romantisme nationaliste de Villar, des Basques, des Catalans et Valenciens. A plus forte raison, le franckisme ou le straussisme d'un La Viiia, d'un Arregui et d'un Conrado del Campo laissa-t-il indifférents, comme un phénomène attardé, les musiciens européens en quête de curiosités exclusivement ethniques.

Il a fallu la fusion de tous les éléments précédents en un nationalisme populaire à l'affût d'une collusion avec les nationalismes étrangers éveillés par la grande guerre de 1914, pour que le monde musical ait pu accorder sa sympathie à la toute jeune et audacieuse école espagnole.

Le public français s'est montré spécialement accueillant, guidé en cela par deux de ses hôtes fidèles et aimés : le pianiste compositeur Joaquin Nin et le pianiste Ricardo Viiies dont les travaux ou les interprétations lui révélaient peu à peu tout ce qu'il ignorait encore de l'Espagne. Et c'est pourquoi Paris vit dans ses murs et fêta tous les interprètes : chefs d'orchestre, guitaristes et autres instrumentistes, chanteurs et danseurs espagnols assurés d'une cordiale, voire enthousiaste réception.

Aujourd'hui c'est un peu d'Espagne que nous revient la lumière et jamais l'influence des musiques de

iras los montes ne fut plus grande sur les comp>ositeurs français qui n'ont pas manqué d'adresser à la belle inspiratrice au sein bruni un hommage parfois compréhensif : tel celui d'un Debussy, d'un Ravel ou d'un Raoul Laparra.

L'essor de la musique espagnole au XX" siècle est encore loin de touciier à son terme. Mais il est à présumer que les principaux acteurs de cette admirable Renaissance ont déjà fait leurs preuves. Nous n'avons plus donc qu'à attendre pour les enregistrer en appendice à notre ouvrage, les nouvelles créations d'artistes dont les figures nous sont désormais connues et même familières.

^ as? ^ 4^

INDEX ALPHABETiaUE

\GUILAR (Quatuor). 163

\LARCON (R. de), 9

\LBENIZ (I.), 10 à 12. 14 à 16, 30, 32.

143, 156 A.LFONSO (F.), 16, 25. 122 VLFONSO (J.). 163 \LIO (F.), 15, 118, 155 ALMANDOZ, 163 '^dMDREAE (Wo)k.), 116, 117 AxNGLÉS (Higinl), 166 ARBOS (F.), 75 n. 1, 83, 148 \RGEXTINA (Mme), 26, 163 \RIN, 24, 107 \ROCA, 163 \RREGUI (V.), 30, 101, 107, 112, 131

ARRIETA, 31, 32, 35, 107 \RRIOLA, 24, 149, 163 VUBERT (L.), 168 \ULA (L.), 101, 106 n. 1 \UREA (Mlle), 164 \ZARA (Le P.), 101, 106 n. 1 VZCUE, 108, 111 \ZORIN, 49

5AGARISSE, 146, 148 iADENES (Garcia), 163 ^AIXULI, 21 n. 1 3ALAGUER (V.), 37, 40 3ALAKIREW, 12, 56, 83, 100 3ALERDI, 25 3ALGANON (D), 58

BALZAC (H. de), 82, 90

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