‹ L'essor industriel & commercial du peuple allemandChapitre 18 sur 61 · kilog · texte numérisé non relu

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Tonnes.

de marcs

Tonnes.

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la province du Rhin, ibid., 7 sept., p. 319; pour le Wurlemberfr, le rapport de M. Lefaivre, ibid., 26 oct., p. 587 ; pour la Bavière, celui de 11. Le Costé, ibid., 19 oct., p. 559.

(1) Considérée dans son ensemble, l'année 1898, malgré quelques points faibles, est la meilleure depuis la fondation du nouvel Empire. On trouvera un intéressant commentaire du tablean ci-dessus dans le rapport de l'ambassadeur d'Autriche à Berlin, llandels-Museum, 28 juillet 1898, p. 336. C'est surtout pour les matières premières utilisées par l'industrie que l'importation augmente. Quant à l'exportation, sur les 4 milliards de marcs par lesquels elle se chili're, il y en a plus de 3 pour les produits industriels. Ce sont en définitive des résultats très satisfaisants. « L'essor industriel et commercial dont le début remonte à 1893, écrivait déjà il y a dix-huit mois M. Raffalovich, a continué durant toute l'année 1897 avec une intensité croissante. On a bien dit que le point culminant avait été atteint. Cependant jusqu'à la fin de l'année, sauf quelques exceptions, l'ensemble du mouvement a été satisfaisant. Ce que l'on considère comme les indices d'une période de prospérité : demande de main-d'œuvre, tendance des salaires à hausser, plus-value des recettes de chemins de fer, accroissement des dépôts dans les caisses d'épargne, nous le rencontrons en 1897... Et la consommation générale a grandi ». Le marché financier en 1897-98, p. 227. « Le bilan matériel de l'Allemagne en 1898, écrivait dernièrement le même auteur, est l'un des plus bril-

La progression des exportations allemandes est d'autant plus significative que telle n'est pas la note dominanlc dans les autres Étals européens. « Les vieux peuples de l'Occident, écrivait naguère M. René Lavoiiée, déclinent à ce point de vue (il s'agit du mouvement des exportations de 1886 à 1896) à peu près tous ou ne progressent que très lentement. Nous subissons cette loi; la Belgique, la Suisse, l'Italie également, l'Angleterre ellemême est sérieusement menacée. L'Allemagne avec les Pays-Bas, fait seule exception. Mais sien Europe le chiffre des exportations est en diminution ou marque à peine un progrès, la marche en avant des peuples nouveaux se poursuit et s'accentue. Dans cette même période de 10 ans, l'exportation des États-Unis a passé de 3.330 à 3.967 mil-

lants qu'elle ait connus : l'essor industriel et commercial que nous signalions en 1S96 et en 1897 a gagné encore en ampleur... Les fabriques de toute nature, sauf l'industrie textile, ont travaillé avec gros bénéfices, et sont dans quelques branches surchargées de commandes... Pour la première fois l'importation dépasse 5 milliards de marcs et l'exploitation 4 milliards... C'est un immense développement en dépit des entraves de toutes sortes, sous les auspices des traités de commerce ». Le marché financier en J 898-99, p. 221. L'opinion de M. RafTalovich est pleinement confirmée par la lecture des derniers rapports des chambres de commerce. V. parexemple celui de la chambre de commerce de Hambourg résumé par M. Eugène Cor, Moniteur officiel du commerce, 9 février 1899, p. 208-2H, celui de la Kaufmannschaft de Berlin (p. 1 à 5), celui de la chambre de Mannheim, celui deMunich, celuidu consul d'Autriche à Berlin, Handels-Museum, 19 octobre 1899, p. 993, et le rapport anglais Trade of Germany for Ihe year 1898 [Foreign office. Diplomatie and consiilar reports, n» 23 i4, août 1899). V. aussi le rapport d'ensemble de M. Pingaud, Moniteur officiel du commerce, 9 mars 1899, p. 370.

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lions de francs, celle du Canada de 389 à 515 millions, celle de la République argentine de 350 à 510, celle de la Chine de 423 à 705, celle du Japon de 260 à 728, celle de l'Inde de 2.125 à 3.930, enfin celle de l'Egypte de 275 à 424. L'avenir est à ces peuples jeunes que la vieille Europe a imprudemment (!) réveillés de leur sommeil séculaire et qui sous le ciel le plus clément, avec des richesses naturelles pour ainsi dire illimitées, avec un sol fertile, avec les inventions, les machines et les capitaux du vieux monde, semblent appelés à devenir les pacifiques dominateurs et pour ainsi dire les rois commerciaux du siècle prochain ». Le développement continu des exportations allemandes en présence d'une telle évolution n'en est que plus remarquable (•).

Les progrès de notre commerce extérieur sont loin d'être aussi brillants. Nos importations ont passé, il est vrai, en 1898 à 4 milliards 376 millions 195 mille francs, mais nos exportations sont descendues à 3 milliards 603 millions 167 mille francs.

Si nos importations ont augmenté c'est surtout parce quenousavons,dansces dernières années, dé-

(1) De 1897 à 1898 l'exportation anglaise a diminué de 8 millions de livres sterling. Rapport de M. de Chappedeiaine, Moniteur officiel du commerce, 25 mai 1899, p. 793. Sur la situation stationnaire du commerce anglais pendant le premier semestre 1899, v. la revue StahlundEisen, 1er août i899, p. 748. Cp. Review of the World's commerce during tkeyear 1898. Waohington, 1899, et van der Borght, Per Augebliche Stillstand des englischen Exports. Zeitschrift fiir Socialvissenschaft, t. H (1899), p. 418.

pensé davantage pour nous procurer des objets d'alimenlalionC), et parce que nous avons fait venir un plus grand nombre d'objets manufacturés de l'étranger, par exemple un grand nombre de machines anglaises, américaines et allemandes. Ce n'est pas parceque nos recettes se sont élevées. Nous trouvons en effet aux: importations à côté d'une augmentation pour les objets fabriques, une diminution en ce qui concerne les matières nécessaires à l'industrie, ce qui indique un ralentissement dans la vie industrielle delà nation.

Mais c'est aux exportations surtout que les chiffres sont peu favorables. Depuis 1891 nous n'avons fait aucun progrès, et si même nous remontons d'une vingtaine d'années en arrière nous constatons que nos exportations sont en diminution par rapport aux chiffres de cette époque-là de près de 200 millions.

Les chiffres déjà connus pour l'année 1899 sont heureusement plus satisfaisants, ils attestent une augmentation notable de nos exportations (2). Puisse-t-elle se maintenir! Puisse l'année 1900 surtout

(1) Ainsi nos achats aux États-Unis ont passé en 1897 de 57.955.000 dollars à 95.452.000.

(2) Nos imporlations se sont élevées pour les onze premiers mois de 1899 à 3.839.060.000 francs, nos exportations à 3.549.400.000 francs. C'est aux imporlations une diminution de 232.091.000 francs par rapport aux chiffres de la période correspondante de 1898, et aux exportations une augmentation de 432.693.000 francs pour la même période. Et cette augmentation porte heureusement pour une bonne part (248 millions de francs) sur les objets fabriqués, mais l'année 1899 marquera aussi pour l'Allemagne, comme nous l'avons dit précédemment, un très grand progrès.

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ne pas nous réserver trop de surprises! La périodicité des crises commercialesnouspermet décompter en ce moment sur une reprise des afTairesC*). Mais en définitive il faut reconnaître que nos produits ne sont plus recherchés comme ils l'étaient jadis sur les grands marchés du monde. Beaucoup de ceux-ci se sont fermés peu à peu à nos marchandises.

A cet égard le contraste avec l'Allemagne est grand. C'est en 1877 que le jeune Empire nous a dépassés. Son mouvement d'affaires surpasse maintenant le nôtre de 4 milliards de francs. Nous ne venons plus maintenant qu'au quatrième rang, après l'Angleterre, l'Allemagne et les Ltats-Unis(2).

(1) V. C. Juglar, Les crises commerciales, 2° édiu, 1892. Il convient d'ailleurs de remarquer qu'en raison de la nature d'une grande partie des objets que nous fabriquons et des prix élevés de beaucoup d'entre eux, nous bénéficions indirectement de la prospérité des autres nations qui nous achètent d'autant plus qu'elles s'enrichissent davantage. Nous participons forcément à la période de prospérité économique dans laquelle se trouve actuellement le monde.

(2) Nous donnons (p. 20) (en millions de francs) un tableau comparatif du mouvement du commerce en Angleterre, en Allemagne et en France dans ces deux dernières années.

Importation. Exportation. Importalion. Exportation.

Angleterre 11.273 7.354 11.900 7.350

Allemagne 6.079 4.732 6.864 5.002

France 3.936 3.597 4.376 3.503

Total du mouvement général du commerce :

Angleterre 18.629 19.250

Allemagne 10.811 11.866

France 7.S53 7.879

20 l'essor industrip:l.

Dans un article récemment publié par le « Daily Mail » un économiste distingué, J.-A. Ford, caractérise de la manière suivante, au retour d'un voyage en Allemagne, le développement économique du pays : « Les victoires de 1870 n'ont pas seulement inauguré pour l'Allemagne une ère politique nouvelle, elles ont été le point de départ d'une période sajis exemple de progrès industriel et commercial... 11 n'est pas une branche de la vie industrielle qui n'atteste un développement qui certainement n'est pas passager. La prospérité des places de commerce n'est qu'un signe du bien-être général. Et il faut reconnaîtreque l'état des finances est excellent ».

Le « Spectator » complète l'esquisse de J.-A. Ford en ajoutant : « Ce que l'Angleterre a atteint en un siècle, l'Allemagne l'a obtenu en un quart de siècle. Aussi peut-on dire que ce payss'est tellement transformé que quelqu'un qui ne l'aurait pas visité depuis 1870 ne le reconnaîtrait plus. Ce qui est propre surtout à surprendre un Anglais, c'est la qualité etla solidité des produits allemands vendus aujourd'hui dans le monde entier. 11 y a des gens en Angleterre, qui attribuent cet essor économique au protectionnisme. Non, il y a des causes plus profondes. C'est le peuple allemand lui-même qui a été l'ouvrier de cette victoire ».

Si, à côté du mouvement général du commerce, nous plaçons les chiffres qui concernent le commerce maritime, nous sommes en présence de constatations encore plus caractéristiques.

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L'Allemagae n'avait encore en 1870 qu'une modeste marine marchande, comptant seulement 179 vapeurs, et ayant une capacité totale de 642.000 tonnes. Elle a maintenant (chiffres de 1898) 3.693 navires (dont 1171 à vapeur), jaugeant 1 .355.371 tonnes (dont 969.800 pourles vapeurs(i), et montés par 42.488 hommes d'équipage.

D'après le mémoire qu'adressaient naguère au Reichstag les armateurs du port de Hambourg pour lui demander de voler en faveur de l'augmentation des forces navales, dans la période 1873 à 1895, c'est-à-dire dans une période de 23 années, la progression de la marine marchande a été pour l'Allemagne de 100 à 265, tandis que pour la France elle n'a été que de 100 à 132.

De tous les chiffres qu'on peut citer, les plus allristants, ceux qui en expliquent d'ailleurs beaucoup d'autres, ce sont ceux qui concernent la population. Vers 1840 la France avait plus d'habitants que l'ensemble des pays formant l'Empire actuel. En dépit d'une forte émigration la population de l'Empire allemand a, de 1872àl897, augmenté de 12.300.000 individus, c'esl-à-dire de près de 30 0/0. Elle est aujourd'hui de près de 55 millions.

Tandis qu'en France l'augmentation annuelle de la population n'a été en moyenne pendant la dernière période décennale que de 29.000 in-

(1) Et il faut tenir compte de ce fait que la tonne de registre pour les navires à vapeur est triple de la tonne de registre pour les voiliers.

dividus, et paraît toujours s'abaisser, elle est aujourd'hui de plus de 100.000 chez nos voisins. En 1896 il y a eu 816.000 naissances de plus que de décès! 1.000 mariages donnent en Allemagne 270 enfants, tandis qu'ils n'en donnent en France que 163. Le nombre des mariages est en outre plus faible en France qu'en Allemagne. Sur 100 personnes en situatioa de se marier, la statistique ne relève pour la France que 45 mariages contre 53 en Allemagne. Il n'est que trop facile de pressentir dans ces conditions ce que. sera la situation respective des deux pays dans vingt-cinq ou trente ans (1).

Les années 1896, 1897 et 1898 ont été au point de vue du mouvement de la population particuliè-

(1) Cf. Fitger, Die Zunalime der Brôlkerung Deutschlands und die Handelsvertragspolitik, 1897. Progrès de la population de TAUemagoe, depuis 20 ans :

L'Allemagne a maintenant 16 millions d'habitants de plus que la France. La seule cause de cette croissance rapide est le grand nombre des naissances, car l'émigration dépasse toujours l'immigration. C'est en partie parce que nous avons peu d'enfants qu'on dit que la France est un pays riche. L'abondance d'argent est en effet accrue par le fait d'une économie d'enfants qui diminue incontestablement notre puissance de travail. Le père de famille qui a o ou 6 enfants quelle que soit sa fortune, travaille certainement plus et par suite contribue plus au développement de la richesse publique que celui qui n'en a que 2 ou 3.

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rement satisfaisantes. Il y a eu augmentation du nombre des mariages et diminution du nombre des décès. L'émigration a fortement baissé : elle n'a été que de 32.114 personnes en 1896, que de 24.220 en 1897 et que de 20.9G6 en 1898. Cette diminution est un indice de prospérité (i).

Et l'Allemagne, à en juger par son magnifique essor économique, est loin d'être « saturée ». Quand on la compare à la Belgique, qui a 213 habitants par kilomètre carré, il est permis de penser que les progrès qu'y fait aujourd'hui l'industrie lui permettront dans quelques années de nourrir 100 millions d'habitants plus aisément qu'elle ne réussit aujourd'hui à en nourrir 54. L'Allemagne, au commencement de ce siècle, avec une population de 22 millions d'habitants, n'était-elle pas infiniment pluspauvre qu'elle ne l'est maintenant avec une population plus que double? Nous pleurons avec raison la perte de l'Alsace-Lorraine qui nous a enlevé un million et demi d'habitants. Mais nous oublions volontiers que depuis 1870 notre faible natalité nous a privé d'une population huit à neuf fois supérieure? Perte d'autant plus déplorable que ce supplément de naissances qui

(1) Entre les deux recensements de 1882 et 1895, la population s'est accrue de 14,5 p. 0/0. (Il est intéressant de noter que pendant cette période de 13 ans, le nombre des personnes vivant de leurs rentes a augmenté de 59 p. 0/0. Cela tient évidemment en partie à ce que la fortune du pays a augmenté suffisamment pour produire rapidement toute une classe d'hommes à leur aise ou en état de se retirer des affaires). Sur l'émigration allemande en 1898, V. Deutsche Rundschau fiir Géographie und Statistik, décembre 1899, p. 128.

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nous fait défaut aurait formé précisément la partie de la population qui, stimulée par le besoin, eût le mieux su jouer des coudes dans la mêlée économique, celle qui se fût répandue dans le monde pour chercher des débouchés, et qui eût contribué le plus au rayonnement et à la grandeur du pays. On l'a dit avec raison : la France manque de cadets (^). II y a un rapport étroit entre les faits qui touchent à la population et ceux qui concernent l'industrie et le commerce. Le développement du commerce entraîne celui dé l'industrie et comme conséquence l'accroissement de la population à laquelle l'industrie fournit du travail.

Ce sont surtout ^les villes et les centres industriels qui grandissent en Allemagne rapidement. Il n'y avait encore, vers 1840, que deuxvilles (Berlin et Hambourg) ayant plus de 100.000 habitants. 11 y en a une trentaine aujourd'hui! La croissance des villes en Allemagne est un des faits qui caractérisent les vingt-cinq dernières années, et c'est un indice sûr du développement économique du pays.

En vingt ans, deux des 28 grandes villes allemandes (Mannheim et Dùsseldorf) ont augmenté de plus de 100 0/0, huit de 80 à 100 0/0, quatorze

(1) Frary, Le péril national, p. 265. Cf. Debury, Unpaysde célibataires et de fils uniques, chap. II. Au moment del'afTaire de Fachoda, un journal anglais terminait un article sur la dépopulation de la France par la réflexion suivante : « Une nation dont la population diminue ne peut garder ses colonies et la France peut être sûre que tôt ou tard ses possessions d'outre-mersuivronl le chemin qu'ont pris celles de l'Espagne, la nation-sœur».

de 58 à 80 0/0, quatre de 28 à 50 0/0. La ville française qui enregistre l'augmentation maximum (Roubaix) ne viendrait en Allemagne qu'au vingtcinquième rang. Pour trouver l'exemple d'une poussée aussi rapide il faut aller jusqu'aux États- Unis, et encore doit-on chercher dans les parties neuves de la grande République, pour ^ constater le croît monstrueux de Chicago (281 0/0) ou l'éclosion de villes de 150.000 âmes comme Kansas ou Omaha. Sur les côtes de l'Atlantique ou dans la vallée inférieure du Mississipi, les villes ne progressent pas plus vite qu'en Allemagne (^).

L'augmentation de la population a été particulièrement sensible depuis quelques années dans le royaume de Prusse. L'accroissement normal, c'està-direl'excédent desnaissancessur les décès,y aété, en 1894, de463.328 personnes; en 1895 de 478.358; en 1896 de 518.650 ; en 1897 de 510.000.

L'accroissement de la population en Allemagne profite surtout aux classes industrielles, les classes agricoles restant à peu près stationnaires.

Il suffit de rapprocher l'un de l'autre les recensements de 1882 et de 1895 pour avoir une idée

(1) Accroissement comparé de Berlin et de New-York.

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