PORCELAINE ET VERRERIE
fie 66.000 quintaux. Quinze ans plus tard elle a atteint déjà 201.400 quintaux, ayant une valeur de plus de 20 millions de marcs W.
« Les fabriques de porcelaine, écrit le consul belge de Leipzig, ont été surchargées d'ordres à des prix satisfaisants. En articles de luxe le marché a présenté de riches assortiments. Les genres rococo, les objets à décoration polychrome et le biscuit ont eu le plus de succès... Les exportations de porcelaine de l'Allemagne qui se chiffraient en 1880 par 8 millions de marcs se sont élevées en 1898 à 19.700.000 marcs. L'augmentation a surtout porté sur la porcelaine blanche et peinte. Les principaux acheteurs sont l'Amérique, l'Angleterre et les colonies anglaises (-). »
Les fabricants de porcelaine et de faïence, nous dit de son côté le marquis d'IIéricourt, ont été très satisfaits de l'année 1897. La vente a été fort active à l'intérieur, et a compensé le recul qu'a fait éprouver à l'exportation la diminution des achats des Etals-Unis... En somme l'Allemagne a exporté des porcelaines et des faïences presque dans le monde entier i'^).
La grande fabrique de Meissen en Saxe vient
(1) Rapport de M. Soulange-Bodin, Monileur of,^ciel du commerce, 20 août 1896, p. 773.
(2) Recueil consulaire du royaume de Belgique, t. 104 (1899), p. 105. Cette industrie languit actuellement un peu.
(3) Sur le progrès de l'industrie de la porcelaine en Allemagne en 1897, V. Handels-Museum, 1er septembre 1898, p. 441. En dépit du tarif Dingley l'exportatioD aux Etats-Unis pour les porcelaines fines a encore augmenté.
9i2 l'essor industriel.
d'être réorganisée. Elle a reçu au point de vue technique toutes les améliorations possibles; le laboratoire prépare toutes les couleursdont la manufacture a besoin et peut même en vendre, ce qui est une source de bénéfices. On n'a jamais perdu de vue que la manufacture doit rapporter quelque chose à l'Etat (1). Elle possède trois magasins de vente à Meissen, Dresde et Leipzig et entretient des magasins de commission dans les places de commerce les plus importantes. La seule ville de Meissen produit pour plus de 5 millions de marcs de porcelaine par an. Quant à la manufacture royale de Berlin, elle a été depuis quelques années l'objet d'une sollicitude particulière, et au dire des connaisseurs, c'est aujourd'hui de beaucoup la première fabrique de l'Allemagne.
Cette industrie occupe 40.000 personnes (dont 18.000 en Thuringe) réparties dans une centaine de fabriques qui, presque toutes, sont fort occupées et exportent annuellement 8 à 10.000 quintaux de fourneaux de pipe par exemple.
De 1880 à 1896 l'exportation des porcelaines allemandes a augmenté de 220 0/0. Les deux années 1896 et 1897 ont été particulièrement favorables : la fabrique de Triplis a distribué pour sa première année un dividende de 12 0/0 à ses actionnaires. Celle de Rahla a donné 22 0/0(2).
(1) Notre manufacture de Sèvres coûte à l'État français plus de 500.000 francs par an.
(2) F. Roux, Le développement économique de l'Allemagne : La manufacture royale de porcelaine de Meissen, Limoges, 1897.