‹ L'essor industriel & commercial du peuple allemandChapitre 31 sur 61 · PAPIERS, CUIRS, INDUSTRIES DIVERSES · texte numérisé non relu

PAPIERS, CUIRS, INDUSTRIES DIVERSES

« Cette industrie, ajoute l'un des derniers rapports de l'ambassade d'Angleterre à Berlin, a un large avenir devant elle, elle n'est encore qu'à la période de transition entre les méthodes primitives (travail à la main) et la production mécanique secondée par la chimie. L'industrie du cuir exige des capitaux, une main-d'œuvre exercée et des connaissances techniques. Le concours de la science lui est éminemment profitable. L'Allemagne est maintenant complètement indépendante de l'étranger ». On a créé il y a quelques années à Freiberg (Saxe) une école de tannage, qui a rendu les plus grands services (0.

La fabrication des chaussures est particulièrement prospère « La foire aux cuirs qui s'est tenue à Leipzig au printemps dernier, nous dit le marquis d'Héricourt, s'est ouverte dans des conditions très favorables. Depuis plusieurs mois déjà les achats considérables faits par les fabricants de chaussures avaient donné beaucoup d'activité aux affaires et les prix avaient une tendance marquée à la hausse. Aussi ont-ils été en général satisfaisants (2) ».

(1) Cette école fut quelque temps unique dans le monde. Il en a été créé depuis plusieurs autres (à Vienne, en Hongrie, dans le Wurtemberg, aux États-Unis). On doit en installer une à Rotterdam. Cf. sur l'industrie du cuir en Allemagne Journal du Doard of frade, mai 1897, p. 542. Les dernières statistiques signalent un léger recul.

(2) Moniteur officiel du commerce, 26 mai 1898. Sur la cordonnerie, V. le Rapport précité de la chambre de commerce d'Erfurt, p. 11. Sur le développement pris par la fabrication des chaussures à Berlin V. Handels-Museum, 8 septembre 1898, p. 454.

ii)-2 l'essor industriel.

Bien d'autres industries seraient encore à examiner. L'industrie du ciment par exemple qui se développe d'une façon étonnante depuis quatre ans. L'exportation des ciments par le port de Hambourg a passé de 360.482 liv. st. en 1896, à 437.966 en 1897(1).

Mentionnons encore les fabriques de linoléum (comme celle de Delmenhorst près de Brème), les fabriques de brosses (comme celle de Kranzlein près d'Erlangen), les fabriques de crayon (comme celle de Faber, aujourd'hui en société, près de Nuremberg, qui a cette année distribué à ses actionnaires 16 0/0.

C'est pour les industries d'art et de kixe que les Allemands ont encore le plus de progrès à faire. Ils le reconnaissent loyalement : ce qu'ils ont trouvé de mieux, c'est d'aller à Paris pour y observer les derniers progrès réalisés dans leur spécialité, et y prendre le ton. « Nous formons ainsi, me disait un grand industriel allemand, des jeunes gens qui produisent des travaux pleins de goût et contribuent peu à peu au perfectionnement des objets de provenance allemande ».

« La France est heureusement sous ce rapport, écrit M. Pingaud, mieux partagée que l'Alle-

(1) Journal du Board of trade, septembre 1898, p. 327. V. sur rindustrie du ciment la Thon-industrie Zeitung. La production annuelle dépasse 17 millions de tonnes (de 180 kil.). Celte industrie, très fortement organisée, est groupée en cinq unions qui sont aujourd'hui maîtresses du marché. La fabrique de ciment de Portland de Slettin a donné cette année 24 0/0 de dividende à ses actionnaires.

PAPIERS, CUIRS, INDUSTRIES DIVERSES. i 03

magne; nos ouvriers d'art sont plus nombreux et meilleurs. C'est une supériorité que nous devons absolument conserver. Mais, ajoute avec raison notre consul, les peuples ne vivent pas essentiellement d'art. L'industrie mécaniqne en se développant a fait baisser les prix des choses nécessaires à la vie; elle aufi^mente l'abondance et crée de nouveaux besoins. C'est à satisfaire ces besoins sans cesse renaissants au moyen de produits à bon marché, mais de bonne qualité moyenne, présentés sous la forme la plus tentante, qu'il faut appliquer nos efforts pour lutter victorieusement contre l'industrie allemande. Nous le pouvons si nous le voulons... Mais pour cela, il faut transformer notre outillage et nos procédés commerciaux. C'est en cela que nous devons imiter nos rivaux. Eux produisent et placent; nous, nous voulons placer avant de produire. Ce qui nous manque ce ne sont pas les capacités, ce sont les instruments de travail moderne, et par là il faut entendre l'outillage mécanique perfectionné, les capitaux, de nombreux et actifs agents de commerce, et une flotte commerciale. Une partie du problème peut se résoudre avec l'argent qui dort chez nous dans les bas de laine; le reste est affaire d'éducation et de volonté » (1).

Les capitaux allemands trouvent aujourd'hui dans les entreprises industrielles des placem.ents très rémunérateurs et l'on calcule que la fortune

(1) Moniteur officiel du commerce, 1 juillet 1898, p. 11.

générale de l'Allennagne augmente chaque année de 3 pour cent. Une statistique basée sur les listes des contributions relatives à l'impôt sur le revenu, qui vient de paraître à Berlin, est de nature à donner une idée à peu près précise de la situation actuelle de cette richesse nationale : il y a à Berlin 2.092 millionnaires. Les deux plus riches d'entre eux ont des revenus annuels de 3 millions et de 1.720.000 marcs. Toutes les fortunes imposées de la ville de Berlin représentent le chiffre de 4.078 millions de marcs; si on y ajoute les petites fortunes non imposées, la ville de Berlin figure dans la fortune nationale pour un chiffre de plus de 8 milliards de marcs (10 milliards de francs) (2).

Les Allemands sont eux-mêmes convaincus que la nature de la production n'est pas ce qui importe le plus à un pays. Ils prétendent avec raison qu'un peuple doit s'attacher surtout en matière commerciale à ce qu'il peut faire à meilleur compte. 11 ne doit pas hésiter à acheter aux étrangers ce que ceux-ci font de mieux et de moins cher.

§ 7. — Industries agricoles.

Les industries qu'on peut grouper sous le nom d'industries agricoles mériteraient, elles aussi, un long examen. Nous en avons déjà parlé dans un

(2) V. sur la progression des dépôts dans les caisses d'épargne prussiennes, Economiste français, 4 novembre 1899, p. 652.

autre ouvrage (*). Mais il conYient pour mieux faire sentir l'importance des transformations économiques de l'Allemagne contemporaine de faire ici quelques remarques. 11 faut surtout rappeler que la proportion des classes rurales par rapport aux classes industrielles va sans cesse en diminuant.

La population agricole de l'Allemagne formait vers le milieu du siècle environ 65 0/0 du chiffre total des habitants. En 1870 elle était encore de moitié; au recensement de 1882 elle tombe à 42,5 0/0. Le recensement de 1895 ne donne plus que 35,7 0/0. Et ce n'est pas seulement une diminution relative, c'est aussi une diminution absolue : au lieu de 19.225.455 personnes en 1882, le tolal n'est plus en 1895 que 18.501.307.

Nous ne pouvons étudier ici les causes très diverses de cette diminution. L'une des principales est assurément la crise agraire qui sévit en Allemagne avec plus d'intensité que chez nous. Les conséquences des transformations qui se sont effectuées dans la répartition des populations de l'Allemagne se manifestent d'une façon très visible dans le groupement .des importations. Dans les pays industriels les importations se composent surtout de matières premières ou demi-ouvrées, et des denrées alimentaires que le pays ne peut pro-

(1) V. nos Études sur les populations rurales de l'Allemagne. J'emprunte une partie des considérations qui suivent à un remarquable rapport de M. Pingaud, Moniteur officiel du commerce, 12 mai 1898, p. 579.

duire ou ne produit pas en quaolité suffisante. Or, jusque vers le milieu du siècle, l'Allemagne tirait de son sein la presque totalité des denrées indispensables à sa subsistance (93 0/0). Elle ne demandait guère à l'étranger que les denrées coloniales ou produits analogues : au total pour moins de SO millions de francs. D'autre part, les industries textiles travaillaient presque exclusivement la laine et le lin indigène. Les autres, l'industrie des pierres, celle du papier, celle du bois, celle du cuir, et même les industries métallurgiques ne tiraient aussi de l'étranger qu'une petite partie deleurs matières premières ; tout cela formait un total d'environ 200 millions de francs.

Aujourd'hui les facteurs sont renversés. L'importation des produits agricoles de toute nature passe au premier rang; celle des matières premières et des denrées alimentaires que le pays ne produit pas vient en seconde ligne.

L'Allemagne est obligée de demander maintenant à l'étraDger non seulement beaucoup de céréales, mais des quantités considérables de plantes commerciales, de semences, de fleurs, de légumes, même des pommes de terre. Les importations atteignent près de 500 millions de marcs en céréales, près de 200 millions en plantes commerciales, légumes, etc., près de 100 millions en engrais, déchets, etc.

L'Allemagne est également tributaire de l'élrangerpour le bétail (250 à 300.000 têtes par an), pour les porcs (plus de 800.000 têtes par an), pour les

chevaux. L'élevage des moutons est en pleine décadence. La production de la laine indigène ne correspond plus qu'à une mince fraction de la consommation (i).

L'Allemagne paye aujourd'hui annuellement à l'étranger environ 300 millions de marcs pour ses achats de bétail et de produits comestibles accessoires de l'élevage.

La sylviculture elle-même, qui s'est cependant développée depuis quinze ans sous la protection des tarifs douaniers, ne peut suivre les progrès de la consommation toujours croissante en bois de toute espèce. En 1897, les importations ont dépassé les exportations de 202 millions de marcs, sans compter les bois exotiques dont la valeur représente près de 50 millions. Et malgré les progrès scientifiques réalisés par la sylviculture, il n'est pas vraisemblable que le déficit aille en diminuant. Les besoins en bois d'ébénisterie qui forment le principal contingent des importations ne font que s'accroître.

Ces faits ne doivent pas être perdus de vue lorsqu'on veut se rendre un compte exact de la situation économique actuelle de l'Allemagne. Il importe au plus haut point de ne pas oublier que les diverses branches de l'agriculture dans ce pays sont insuffisantes à faire face aux besoins de

(1) De 28 millions vers le milieu de ce siècle, le nombre des moutons est tombé à 12. La diminution des superficies eu pâturage par suite du développement des cultures intensives est la principale cause de ce fait.

la consommation. Le déficit annuel est de près de deux milliards, et a doublé depuis quinze ans.

On comprend dès lors Thoslililé plus ou moins déclarée qui existe entre les agriculteurs et les industriels ou les commerçants. On comprend les efforts que font les premiers pour obtenir du gou- Yernement l'aide et le soutien dont ils ne peuvent guère se passer. On comprend surtout leurs récriminations au sujet d'une politique qui d'après eux, favorise l'industrie et le commerce à leur détriment.

L'étude que nous avons faite de « la crise agraire » nous a montré le bien-fondé de certaines revendications. On ne passe pas de longs mois au contact des agriculteurs, sans partager quelquesunes de leurs idées, sans compatir surtout à leurs souffrances, sans les défendre même à l'occasion. Lorsqu'on étudie sans parti pris la situation faite aux peuples déjà anciens dans la vie par la concurrence sur le marché international de pays nouveaux que favorisent le bas prix des frais de production et de transport, on ne peut rester partisans du libre-échange absolu, on excuse même certaines exagérations des protectionnistes.

De bons esprits se sont demandé si, en dépit de la brillante position de l'Allemagne sur le marché international, sa transformation trop rapide en état industriel n'avait pas faussé ses organes économiques (^). L'Allemagne se trouve au-

(1) Cf. sur les dangers auxquels la transformation d'une population

jourd'hui pour la subsistance des deux cinquièmes de sa population industrielle à la merci d'États producteurs qui à un moment donné pourraient lui couper des vivres. C'est assurément un danger.

Je ne crois pas pour mon compte que l'agriculture allemande puisse accroître ses rendements de façon à suivre la progression de la consommation. En 1904, à l'époque du renouvellement des traités de commerce, il y aura en Allemagne près de 57 millions de bouches à nourrir. Il faudrait, pour que l'Allemagne cessât d'être tributaire de l'étranger, que le revenu brut agricole actuel doublât en 5 ans, ce qui est impossible. La dépendance de l'Allemagne vis-à-vis de l'étranger s'affirme par ces importations de denrées alimentaires et de matières premières qui lui sont indispensables. Aussi la prospérité générale de l'Allemagne serait à mon avis gravement atteinte si le gouvernement paralysait par un protectionnisme exagéré l'essor de son commerce.

Il convient d'ailleurs de remarquer que les années 1897 et 1898 ont été beaucoup meilleures pour l'agriculture que l'année 1896. Les récoltes ont été bonnes, les céréales se sont bien vendues, le bétail a été recherché et les prix sont restés élevés. Quant à la situation de la minoterie elle

agricole en population industrielle peut exposer un pays, un curieux article, trop pessimiste, à mon avis, de M. A. Fresneau,dans la revue la Quinzaine, 16 avril 1898 (notamment, p. 505-507). L'auteur, effrayé de la progression du chiffre des importations en Allemagne, se montre très hostile aux traités de commerce.

s'est également beaucoup améliorée. En outre, l'imporlalion a coDsidérablemcnl diminué et l'ox.porlalion s'est développée. Les envois de farines étrangères, qui, en 189G, avaient été de 485.351 doubles quintaux estimés 9.000.000 marcs, sont tombés en 1897 à 382.831 doubles quintaux, évalués 7.491.000 marcs; c'est une différence de 1.518.000 marcs avec Tannée précédente.

D'autre part la vente au debors s'est élevée de 1.499.C68 doubles quintaux représentant 17.270.000 marcs à 1.622.689 doubles quintaux valant 18.089.000 marcs (i).

Beaucoup d'agriculteurs, chcrcbant avec un louable zèle à s'adapter à l'évolution contemporaine, tendent aujourd'hui à « industrialiser» l'agriculture et à la faire profiter de quelques-unes des inventions scientifiques contemporaines.

Laiteries et fromageries, brasseries, distilleries et sucreries se multiplient dans les campagnes allemandes, et apparaissent à l'observateur comme une série d'entreprises intermédiaires entre l'agriculture et l'industrie proprement dite.

Quelques-um-s sont assez florissantes et souvent ont servi à dédommager de grands propriétaires ruraux des pertes que la crise agraire leur avait

(1) V. sur ces divers points, le rapport précité de M. Pingaud (Moniteur officiel iln commerce, du 12 mai 1898) qui a lui-même résumé l'article de Paul Voigt (Preussische Jahrbiicher, février 1898). Cf. pour le détail de la situation en 1897, Vierteljahreshefle zur Statislik des deiilschen lieiches, 189S, Heft 3. Y. aussi un article que j'ai publié dans la lievue politique et parlementaire du 10 décembre 1899, p. 556, notamment, p. 561.

occasionnées. Mais il est certain qu'aucune de ces entreprises ne peut donner de bénéfices comparables à ceux que rapportent les industries dont nous avons précédemment parlé.

Nous nous contenterons de dire ici quelques mots de l'industrie sucrière.

Jusqu'en 1878-79 la France tenait le premier rang parmi les nations sucrières européennes. Elle est aujourd'hui complètement distancée. Entre 1872 et 1894 nous avons à peine doublé notre production; l'Allemagne l'a plus que sextuplée. Notre exportation est restée stationnaire; celle de l'Allemagne est vingt-trois fois plus forte (i). Et ce qui est non moins triste pour nous c'est d'être obligé de constater qu'au point de vue technique nous sommes en retard. Rendements, organisation matérielle des usines, transports, préservation des racines contre la gelée, etc., à tous ces points de vue nous sommes aujourd'hui dans un état d'infériorité désolant (2). Comme le dit fort bien M. Oudin, l'état de choses est tel aujourd'hui que les tarifs de douane ou les primes ne sauraient le changer du jour au lendemain. Seule une lente évolution peut le modifier. Cela explique dans

(1) Zuckergewinnung, ivuhrend des Betriebsjahres 1898-99. Vierteijahreshefte zur SlaHstik des deutschen Reichs, 1899, IV, p. 179. Cf. Paul Oudin, La question des sucres. Science sociale, août 1898. V. pour la statistique de la fabrication du sucre en France et en Allemagne, Revue de statistique, 8 mai 1898, p. 154.

(2) V. Journal des fabricants de sucre, 16 février 1898. Cf. le Bulletin du syndicat des fabricants de sucre. Les rendements sont en Allemagne de 10 à 15 0/0 supérieurs aux nôtres.

une certaine mesure l'échec de toutes les conférences destinées à régler par une entente internationale les questions en litige au sujet de cette industrie.

Les Allemands peuvent donc à bon droit se montrer fiers des sacrifices qu'ils ont faits. C'est dans le monde entier qu'ils parviennent aujourd'hui à écouler leurs produits. C'est heureux pour eux, car il ne semble pas que la consommation intérieure puisse augmenter beaucoup. Elle a même subi depuis quelquesannées un léger recul comme le montre le tableau ci-dessous :

Production.

Exportalion.

Consommation intérieure.

Tonnes.

Tonnes.

Tonnes.

L'accroissement à la fois de la production et de l'exportation est donc considérable. Ainsi, rien qu'aux États-Unis, les Allemands vendent pour 100 ou 150 millions de francs de sucre. Il faut dire qu'ils trouvent là un grand élément de succès pour eux dans ce qu'on peut appeler la « clientèle nationale », les colonies allemandes qui sont fixées aux États-Unis recherchant par habitude et par goût l'article national.

Si les fabricants de sucre allemands se plaignent aujourd'hui c'est à cause d'une dépression

■ (1) Foreign office. Animal séries, avril 1898, n. 2064. V. aussi sur Texporlalion du sucre allemand, Exporl, 20 octobre 1898, p. 527.

notable des prix et d'une certaine insécurité dans la situation générale. Les marchés allemands dépendent dans une large mesure de ceux de Londres et de l'Amérique qui, cette année, ont été mous(i).:Ou n'en a pas moins accru en 1897 de 10.000 hectares (436.000 au lieu de 426.000), les superficies cultivées en betteraves, et le nombre des sucreries ou raffineries est passé de 402 à 456 (dont 312 en Prusse), employant 137 millions de quintaux de betteraves (20 millions de plus qu'eu 1896). On emploie depuis deux ans surtout beaucoup de nouvelles machines : elles ont déjà éliminé peu à peu les anciens systèmes comme le système Schiitzenbach, et donnent des rendements supérieurs.

D'autres industries confinante l'agriculture mériteraient aussi un examen. Je me contente de signaler celle de la brasserie où, en ce moment, la situation est à peu près stationnaire(2), et celle de

(1) Dans quelques pays l'importation a fortement diminué, au Canada par exemple, par suite de tarifs différentiels en faveur de l'Angleterre. Handels-Mtiseum, 21 juillet 1898, p. 366. V. l'article de F. Svendsen, Amerikanische Siège und deutscher Zucker, die Nation, 3 septembre 1898, p. 698. Cf. sur la législation sucrière du monde entier, un intéressant article de M. J. Desmet, Réforme économique, 12 juin 1898, p. 680.

(2) Elle atteste plutôt une légère diminution. — V. Dierbrauerei im Bechnungsjahre 1898, Vietieljahreshefte zur Stalistik des deutsclien Reichs, 1899, iv, p. 151. Cf. Sur l'industrie de la brasserie, Handels- Museum, 21 juillet 1898, p. 370 et sur l'exportation des bières allemandes. Moniteur officiel du commerce, 7 juillet, 28 septembre et 17 novembre 1898, p. 26, 421 et 616; Handels-Museum, 20 octobre 1898, p. 522. Si l'exportation de la bière a augmenté, les achats de

Iti L ESSOR INDUSTRIEL.

la distillerie qui provoque en Allemagne comme en France de vives discussions (2).

bière faits par l'Allemagne au dehors ont augmenté aussi dans de fortes proportions comme le prouve le tableau suivant :

1892 413.273 doubles quintaux

Les bières importées viennent surtout de l'Autriclie (spécialement de la Bohème). Notons ce fait que la vraie bière de Pilsen a été dans ces derniers temps fortement « boycottée » par suite des dissensions entre Tchèques et Allemands.

Statistique de la fabrication de la bière :

1890-91 52.731 hectolitres

(1) Sur la production et la consommation de l'alcool en Allemagne, 7. Rulletin de statistique et de législation comparée, juillet 1898, p. 96. Revue de statistique, 5 novembre 1899, p. 475, et Moniteur officiel du commerce (Rapport de M. Pingaud), 4 janvier 1900, p. 16-20. Bornons-nous à faire remarquer que la fraude existe en Allemagne comme en France, mais que la tactique de l'État paraît être de fermer les yeux sur un certain nombre de trafics industriels. Il aime mieux perdre quelques centaines de raille francs en tolérant ces fraudes, que de gêner un trafic qui correspond à un chiffre d'affaires considérable.

Page 1