ANGLETERRE
ALLEMAGNE
i° En Europe.
C'est sur l'Europe d'abord que nous jetterons un coup d'œil. Les pays du Nord sont inondés de produits allemands.
La lutte économique qui avait éclaté entre l'Allemagne et la Russie en 1892-93 avait été un instant funeste aux deux pays, mais la situation est redevenue beaucoup meilleure. C'est l'Allemagne qui a retiré à mon avis le plus de profit de la convention commerciale du 10 février 1894, car elle fait venir surtout des matières premières de la Russie et lui retourne des objets manufacturés.
Je ne sais si on peut dire qu'il y a en Russie un péril allemand : les importations allemandes sont pour ce pays une nécessité; mais elles ont doublé en quatre ans (364 millions de marcs en 1896 au lieu de 184 en 1893). On peut trouver que c'est beaucoup! Et encore faut-il faire observer que pour se soustraire à la gêne que leur imposent certains tarifs douaniers, les Allemands ont créé depuis quelques années une foule d'usines et d'établissements industriels au delà de leur frontière. Je
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viens de visiter dans la partie sud-ouest de la Pologne les districts de Sosnowice et de Sielce qui sont comme un prolongement de la Haute-Silésie. La majeure partie des établissements industriels qui s'y trouvent sont entre les mains des Allemands : telles la filature de M. Dietel (originaire de la Saxe), ou celle de M. Schon, ou encore la fabrique des produits chimiques de Czichow qui ap])arlientà une société de Mayence, celle de cérésine de MM. Reicher, Kernbaum etOppenheim, la fabrique de vinaigre de M. Ottmann à Srodula, la savonnerie de M. Neugebauer à Sielce, la fabrique d'huile de MM. Strahl et Krins à Malobadz, la verrerie de MM. Pringsheim et Schlesinger, la papeterie de M. Lamprecht, la fabrique de cordages de M. Deichsel, etc.. Tous ces noms allemands en plein pays polonais ne sont-ils pas significatifs (D.
Les Allemands possèdent également les principales exploitations qui ont été créées à Tomaszow, Kalish, Osorkow, Zgierz, Pabianice.
Ils ont formé en Pologne, avec participation des capitaux polonais, de grands établissements pour développer dans ce pays la fabrication des produits tinctoriaux, des matières colorantes, et des appareils électro-chimiques (2).
Si la progression des exportations de l'Allemagne
(1) Sur le développement de l'industrie en Pologne, v. Maurice Verstraete, La Russie industrielle, 1897, p. 15 et suiv.
(2) Rapport du marquis de Persan, Moniteur officiel, 9 mars 1899, p. 367.
en Russie a un peu diminué depuis trois ans cela provient sans doute du développement remarquable de l'industrie russe, mais cela tient aussi à la création ou à l'extension d'un grand nombre d'établissements allemands au delà de la frontière (i). Voici, d'ailleurs, d'après les renseignements recueillis par M. Verstraete, comment se répartissent (chifTres de 1897J les importations des principaux États en Russie :
Allemagne 1.489.628 roubles.
Autriche-Hongrie . . 119.161 —
Grande-Bretagne . . 113.937 —
France 92.237 — (2)
On comprend, à la seule inspection de ces chiffres, que les autres puissances soient peu satisfaites. Le consul général d'Angleterre à Saint-Pétersbourg se plaint amèrement de la concurrence
(1) V. le rapport de M. de Montebello, Moniteur officiel du commerce, 15 septembre 1898, p. 326, et 30 mars 1899, p. 483, et Monde économique, U novembre 1899, p. 620. Cf. Die Gusseisenproduklion in Russlnnd im Jahre 1897. Export, 16 juin 1898, p. 298. V. sur les progrès de la production sidérurgique de la Russie depuis 1880, la [ievue des Banques, septembre 1898, p. 166, et la revue Slahl und Eisen, 15 novembre 1899, p. 1087. V. aussi sur le développement industriel de la Russie, Forum, avril 1899; sur la situation de l'industrie textile en Pologne, Handels-Museum, l^^juin 1899, p. 262; et R. Luxemburg, Die industrielle Entwickelung Polens, 1898. Sur la part que prennent les Allemands au développement de la Russie méridionale, V. Moniteur officiel du commerce, 9 mars 1899, p. 368.
(2) Moniteur officiel du commerce, 26 mai 1898. V. aussi le rapport du comte de Vauvineux, ibid., 30 décembre 1897, p. 835. Cf. quelques passages du beau livre de M. G. de Schulze-Gavernil?, Volkswirthschaftliche Studien aus Russland {\822), p. 129, s., Ii6, 223-229.
faite à son pays : « La Russie, dit-il, serait susceptible d'offrir un bon débouché aux instruments agricoles fabriqués en Angleterre, à la quincaillerie, aux outils et machines de toute sorte... Mais pour rivaliser avec succès sur le marché russe avec l'Allemagne, il faudrait des agents commerciaux et des voyageurs nombreux et actifs... Nous devrions bien, sous ce rapport, suivre l'exemple de nos concurrents allemands qui, grâce à leurs nombreux et habiles agents, font connaître directement leurs articles aux négociants en gros et en détail... L'absence des voyageurs de commerce anglais est la cause principale de notre infériorité. Il faut déplorer qu'ils ne se déplacent pas davantage et ne soient pas plus actifs U) ».
Partout en Russie, dit un autre rapport, nous avons constaté que les produits allemands se substituent à ceux de l'Angleterre (2).
La Russie fait aujourd'hui construire une partie de ses navires en Allemagne. Elle y a fait dernièrement une importante commande de quatre contre-torpilleurs et trois croiseurs : l'un de ceux-ci.
{{) Rapport résumé au Moniteur officiel du commerce du 9 décembre 1897.
(2) V. sur la lutte de l'Allemagne et de l'Angleterre en Russie, Journal du Board of Trade, novembre 1897, p. 527, et Ilandels-Museum, 28 octobre et 11 novembre 1897. Sur l'importation de la coutellerie allemande en Russie au détriment de celle de Shelfield, v. Williams, Made in Germany, chap. III, p. 53 et s. L'Allemagne, écrit M. de Chaulnes, a pris la place occupée jusqu'ici par l'Angleterre. Elle a importé en 1898, 202.117.000 roubles (au lieu de 179.835.000 en iS91). Moniteur officiel du commerce, 14 décembre 1899, p. 895.
le Asholf^ en construction au chantier Germania à Kiel, aura 137 mètres de long et une machine de la force de 19.000 chevaux.
L'importation des machines allemandes de toute sorte continue à faire en Russie de grands progrès, et une société russo-allemande s'est constituée à Berlin le 16 février 1899, pour accroître les relations entre les deux pays (i). Nos consuls nous apprennent que le mouvement de la navigation entre les deux pays grandit toujours. De 1894 à 1898, le mouvement entre Hambourg et les ports russes a augmenté de 117 0/0 (2).
Il va sans dire que l'Allemagne nous précède de très loin sur le marché russe. « 11 est peu de branches, écrit un de nos consuls, on les produits allemands ne l'emportent sur les produits français, peu de villes où leurs voyageurs ne devancent pas les noires et n'obtiennent des commandes par leur manière plus souple de traiter les affaires ».
L'alliance franco-russe, il importe de le dire en passant, ne nous procure au point de vue économique, aucun avantage. Les Russes ont depuis quelques années tiré delà France cinq ou six mil-
(1) Moniteur officiel du commerce, 25 mai 1899, p. 794. Le Cenlralverband der deutschcn Industriellen a étudié d'une façon spéciale, dans son assemblée générale du 3 juin 1899, la question des rapports de l'Allemagne avec la Russie. V. aussi sur le développement du commerce entre les deux pays, le rapport du marquis d'Héricourt, Moniteur officiel du commerce, 6 février 1900, p. 176.
(2) Rapport de M. E. Cor, Moniteur officiel du commerce, 23 novembre 1899, p. 786. Sur la commerce allemand dans le port de Revel, V. Deulsches Uandels-Archiv, octobre 1899, p. 587.
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liards, grâce auxquels ils complèlent leur outillage économique et tâchent de mettre en valeur les richesses enfouies dans leur sol, mais en attendant ils n'ouvrent à notre industrie aucun débouché, ils ne fournissent à notre commerce presque aucun élément de trafic. Nous leur achetons pour 2o0 millions de matières premières, ils nous achètent à peine pour 25 ou 30 millions de marchandises. Ils nous paient l'intérêt de leurs emprunts avec le bénéfice qu'ils font sur nous. La Russie qui occupe le premier rang dans nos affections actuelles se tient modestement au dix-septième rang sur la liste de nos clients. La consommation des produits français dans ce pays représente 0 fr. 23 centimes par habitant. Ce n'est pas que les Russes n'achètent rien à l'étranger. Seulement, comme nous venons de le voir, ils se fournissent en Allemagne (i).
L'importance des capitaux allemands placés en Russie mérite aussi de fixer notre attention. Combien, écrivait naguère M. de Montebello, en examinant cette question, cette concurrence devrait stimuler nos compatriotes pour l'avenir, réveiller l'attention de nos capitalistes en les éloignant de cet esprit de défiance exagérée qui les met dans
(1) « La Russie, écrit M. de Larivière, avait besoin de nos capitaux. Nous les avons donnés avec une aisance et une bonne grâce rares. Noire industrie et notre commerce, qui se meurent de routine et d'inanition, n'ont pas encore su tirer le moindre parti des liens qui nous unissent à la Russie... Il semble que noire commerce loin de rechercher des débouchés nouveaux cherche à se replier sur lui-même ». De l'enseignement du russe en France et du rôle commercial de la France en Russie. Revue politique et parlementaire, 10 mai 1898, p. 263.
un état d'infériorité complète dès qu'ils se trouvent en face de rivaux étrangers, et c'est là un phénomène d'autant plus remarquable que l'Allemagne est un pays où les fonds russes n'encombrent pas les portefeuilles et où les sympathies politiques ne vont pas volontiers à la Russie W.
Les rapports commerciaux entre l'Allemagne et la Russie avaient subi dans ces derniers temps une légère atteinte. Un premier conflit entre les deux puissances s'était produit par le fait que contrairement au traité de commerce russo-allemand, le gouvernement allemand avait fixé pour l'importation des céréales russes, des tarifs de chemius de fer moins favorables que ceux qui réglementent le transport de céréales indigènes. Un autre incident venant se greffer sur ce premier avait augmenté encore le mécontentement de la Russie. Le gouvernement allemand avait promulgué une ordonnance d'après laquelle à partir du 15 juillet 1898 les oies ne pouvaient plus traverser en bandes la frontière prussienne. Il fallait qu'elles fussent transportées dans des fourgons ou des voitures couvertes, mesure qui rendait l'importation plus difficile i~). Le bon accord est aujourd'hui établi. Il paraît même certain qu'un traité a été conclu
(1) Moniteur officiel du commerce, 11 mars 1898. Cf. sur le rôle commercial que peuvent jouer les capitaux français en Russie l'article de Maurice Verstraete, ibicL, 27 janvier 1898, p. 107. A rapprocher de l'article Fremdes Capital in liussland, Export, 2 décembre 1897, p. 641.
. (2) V. Th. Barlb, ZoUpolitisches Ganseklein, dans la revue Die /Yation, 23 juillet 1898. Cf. K. .Millier, Die volkswirthschaftliche Bedeu-
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entre les deux pays d'après lequel la Russie donnerait son appui à l'Allemagne pour des projets d'expansion coloniale qu'on ne révèle pas encore. L'Empereur Guillaume laisserait en retour carte blanche au Tsar pour étendre ses possessions en Asie et aux Indes.
M. Jules Roche, ancien ministre, et M. Ferrouillat, directeur du Lyon républicain, au retour d'un voyage d'études dans les pays Scandinaves, écrivaient naguère : « La France y rencontre de vives sympathies, le goût pour les produits français s'y est maintenu, malheureusement nos relations économiques avec ces régions diminuent dans une proportion effrayante, en dépit de la préférence donnée à nos produits. Les maisons allemandes rendent hommage à nos produits en vendant les leurs avec des étiquettes et des provenances de, France. Les vins soi-disant français viennent del Lûbeck, et n'ont qu'une lointaine ressemblance avec nos Bourgognes et nos Bordeaux. Les produits anglais eux-mêmes sont complètement chassés par les produits allemands ».
En Suède, en effet, tandis que nous vendons pour 5 à 6 millions de marchandises à peine, l'Allemagne en vend pour plus de 120 millions.
« Les Allemands, écrivait il y a quelques mois M. Bouvier, sont aujourd'hui maîtres du marché suédois (1) )).
tung der Veterinârpolitik des Deutschen Reiches. 1898. Un arrangement amiable est intervenu à la plus grande satisfaction des Russes. {i) Monileur officiel du commerce, 24 mars 1898. Le dernier rap-
« L'Allemagne, dit aussi M. Marcel, a dans ces dernières années particulièrement développé son commerce d'importation en Suède. Au lieu de 22, S5 0/0 dans la période 1871-7S, elle est aujourd'hui parvenue à fournir 34 0/0 des marchandises étrangères introduites en Suède, tandis que dans le même temps les importations anglaises fléchissaient de 33,03 0/0 à 28,74 0/0 ». Et notre consul nous montre ensuite « l'écrasante supériorité de l'Allemagne qui est devenue maîtresse du marché après avoir égalé, puis dépassé l'Angleterre... La part de laFrance reste minime et pourtant elle pourrait être considérablement développée par l'initiative de nos nationaux s'ils empruntaient les procédés qui ont rendu les Allemands maîtres du marché suédois (^) ».
« Dans leur lutte avec l'élément anglo-saxon, ceux-ci tirent un grand avantage d'une éducation commerciale habilement dirigée et d'une facilité particulière à se déraciner, à adopter avec la nationalité légale, les habitudes et les goûts moyens
port de M. Teyssier affirme aussi la « prépondérance du commerce germanique » ibid., 23 mars 1899, p. 446.
(1) Moniteur officiel du commerce, 29 septembre 1898, p. 387. Les progrès des Allemands sont dus à la présence dans les grandes villes de Suède d'un certain nombre de maisons importantes dirigées par des hommes, allemands d'origine, d'éducation et de goûts, qui ont pris la nationalité suédoise pour la plus grande commodité de leurs affaires mais qui restent tellement fidèles à leur première et véritable patrie qu'ils se réunissent encore à la légation d'Allemagne pour y célébrer les grands anniversaires fêtés à Berlin. Ils forment une clientèle assurée aux fabriques allemandes et éliminent peu à peu du marché les modèles des autres nations.
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des pays où ils s'établissent. L'Anglais, au contraire, clierche àimplanterelréussit souvent à faire adopter, là où il réside, ses mœurs, ses modes, son goût, affectant toujours de les conserver sans transiger, s'étalant au besoin, plutôt que de se modifier (i) ».
Les Allemands s'occupent maintenant par exemple d'exploiter les chutes d'eau de ce pays pour y installer des industries électriques : il y en a déjà une à Medelpad dans la province de Westernorrland, constituée au capital de 800.000 couronnes (2).
En Norvège, les rapports consulaires nous montrent l'Allemagne vendant pour plus de 60 millions de marchandises, alors que nous en sommes à 3 millions et demi. Elle fournit à elle seule plus de sucre que toutes les autres nations réunies.
En Danemark, c'est en vain que nos consuls se font l'écho des commerçanis danois eux-mêmes, qui se plaignent de n'être plus visités (3). Sur
(1) Moniteur officiel du commerce, 29 septembre 1898, p. 307.
(2) Jahresbericht der Handels-und Geiuerbekammer zu Chemnitz,
(3) Sur la dirainulion de notre commerce avec le Danemark, v. une intéressante lettre de M. Frederiksen, Monde économique, 13 novembre 1897, p. 619. Le commis-voyageur français nous dit un rapport consulaire {Moniteur officiel du commerce, 22 septembre 1898, p. 347), est « presque un phénomène en Danemark. On voit tous les jours un grand nombre de commis-voyageurs allemands. Aucune maison française n'a établi de magasin à Copenhague. Et pourtant à prix égal les marchandises françaises sont encore sûres d'avoir la préférence ». Sur un total de S33 millions de francs les importations françaises ne figurent que pour 18 millions. Et encore y a-l-il en ce moment un léger progrès.
6.000 voyageurs de commerce inscrits en Danemark, 70, dont 10 seulement sont de nationalité française, représentent des maisons françaises. Les Allemands expédient dans tous les centres importants des représentants qui font de longs séjours, se renseignent sur tout et continuent les relations que le chef de maison lui-même vient quelquefois créer en personne.
Dans la période 1882-86, le mouvement des affaires entre l'Allemagne et le Danemark n'était encore que de 68 millions de couronnes (36.700.000 à l'importation et 31.300.000 à l'exportation). Il est aujourd'hui de 187.650.000 couronnes (122.101.000 à l'importation, et 65.559.000 à l'exportation). Les verreries d'Odense, emploient plus de 3.000 Allemands, et ceux-ci prennent chaque jour une importance plus marquée dans la vie industrielle du pays. 11 s'est formé à Copenhague une association allemande (Femn deutscher Reichsangehurigen) qui contribue encore à activer les relations entre les deux pays.
La Hollande a toujours été pour les Allemands un débouché de prédilection. Ils en vantent la stabilité politique, les ressources financières; ils en apprécient au point de vue du transit la situation géographique et les \isites que se sont faites cette année les souverains et souveraines des deux pays ont encore accru l'attraction des Hollandais pour leurs puissants voisins.
Les rapports de notre consul général, M. Lai-
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gués, nous montrent l'article allemand pénétrant chaque jour davantage dans les habitudes des acheteurs. Les articles dits « de Paris » proviennent des manufactures allemandes. Les bazars (( français » de toute la région néerlandaise font la plupart de leur commandes en pays allemand (O.
En Belgique, l'Allemagne a trouvé aussi un débouché important, encore que depuis quelques années, en raison du grand développement industriel de ce pays, les importations allemandes y soient moins faciles.
De 1896 à 1899 le mouvement d'affaires de l'Allemagne avec la Belgique a passé de 322 millions à 491. L'importation a augmenté de 130 millions et l'exportation de 39. Il n'est pas jusqu'à la coutellerie de Solingen qui ne fasse une concurrence terrible à celle de Liège i-).
On va jusqu'à prétendre que le commerce d'Anvers est aujourd'hui moins belge qu'Allemand. Il est certain que l'Allemagne a attaché en quelque sorte cette ville à la fortune de l'Empire germanique; les agents politiques et commerciaux de l'Al-j lemagne y pullulent, et l'influence des maisons de' commerce allemandes y paraît prépondérante (3).
(1) Mouvement d'affaires de l'Allemagne avec la Hollande (en millions de marcs) :
Exportalions 162.632 166.331 199.179 214.176
Importaiions 262.265 245.133 244.017 240.688
(2) Moniteur officiel du commerce, l<=r février 1900, p. 183, d'après le Bulletin de la chambre de commerce de Liège.
(3) Deiss, Anvers et la Belgique maritime, 1899, chap. IV.
Quoi de plus triste surtout que la comparaison entre les progrès continus du pavillon allemand dans ce port et la décadence du pavillon français. L'Allemagne y vient immédiatement après l'Angleterre. Elle n'y figurait en 1875 qu'avec 327 navires et 132.948 tonneaux. En 1897 elle acte représentée par 897 bâtiments jaugeant 1.278.832 tonneaux. Et les chiffres de 1898 attestent une augmentation de 64 navires et de 81.372 tonnes. La « Hamburg-Amerika Linie » a choisi Anvers commeport d'escalepourlenouveau service qu'elle a organisé sur la Chine et le Japon. La marine marchande allemande est déjà prête à accaparer à son profit les envois que les industriels belges font dans l'Extrême-Orient (').
En Angleterre, les Allemands ont aussi une situation très solide. Tlsv sont au nombre de 55.000
(1) Mouvement d'affaires entre l'Allemagne et la Belgique (commerce général) :