EN OCÉANIE
au Chili porte en grande partie sur des produits pour lesquels la fabrication chilienne sera, dans un avenir prochain, en mesure de suffire à la consommation du pays (i) ».
Ce qui a jusqu'ici favorisé le progrès des exportateurs allemands dans l'Amérique méridionale, fait remarquer M. Georges Ritt, c'est qu'ils engagent fortement leurs capitaux, et savent tenir compte de la nécessité du crédit; les délais et facilités très larges de paiement qu'ils accordent sont particulièrement appréciés par les Sud-Américains (2).
§ 5. — En Océanie.
En Océanie, le nombre des maisons de commerce allemandes s'accroît d'année en année. Elles y font aujourd'hui plus d'atîaires que les maisons françaises dans nos propres colonies (3). On voit flotter le drapeau de l'Allemagne dans tous les ports un peu importants du Pacifique. La concur-
(1) Bien que les Allemands aient déjà placé plus de 100 millions de marcs au Chili, la situation des maisons de banque allemandes au Chili, d'après le rapport de la Deutsche Ueberseeische Bank p(jur 1898, laisse fort à désirer. Cf. Die jelzige Lage der Deulschen in Chile. Export, 31 août 1899, p. 429. V. aussi Unold, Das Deutsckthum in Chile, 1900.
(2) Cf. sur le mouvement général des exportations allemandes dans l'Amérique du Sud, Mo7iiteur officiel du commerce, 7 juillet 1898, p. 11. V. aussi Sildameriha und die deulsche Auswanderung , Exporl, 18 août 1898, p. 409.
(3) Sur un total de 408 raillions de francs d'échanges faits par nos colonies (Algérie mise à part) la France ne prend que 180 millions. Elle ne vend guère que 73 millions de francs de ses produits, contre 129 millions vendus par les pays étrangers.
270 l'essor commercial.
renée germanique en Australie, comme d'ailleurs dans toutes les colonies britanniques, préoccupe vivement l'Angleterre (^). Il est venu en Australie depuis un demi-siècle près de 200.000 Allemands. Il n'y en pas moins de 50.000 installés aujourd'hui dans cette grande île.
Aussi les Allemands sont-ils très satisfaits du trafic qu'ils font présentement avec l'Australie et aussi avec la Nouvelle-Zélande. En 1881-82, lors des expositions de Sidney et de Melbourne, ils ne jouaient encore quun rôle insignifiant, ils font aujourd'hui pour 200 millions de marcs d'affaires dans ces pays (2).
La récente acquisition des îles Carolines, Palaos etMariannes augmente déjà le mouvement d'affaires de l'Allemagne dans ces parages. Ces îles en elles-mêmes ne semblent pas grand chose. Le bilan de leur valeur agricole ou commerciale établi par les Anglais au moment de la cession est peu brillant, mais comme l'a fait remarquer M. de Bulow, la situation géographique est très bonne. L'industrie et l'esprit d'entreprise des Allemands pourront désormais se déployer dans ces régions dans des conditions tout autres que précédemment et beaucoup plus favorables.
Il faut voir surtout dans cette acquisition le dé-
(1) Sur le commerce de l'Allemagne avec les colonies anglaises, V. deux articles du D' E. Loew, dans le Handels-Museum, 30 septembre et 14 octobre 1897, p. 485 et 516 : « Englands Handel mit seinen Colonien und die ausldndische Concurreni. »
;2) Export, 6 janvier 1898, p. 4.