ACIER
Etats-Unis
En tonnes.
En tonnes.
En tonnes.
Grande-Bretagne. . . .
Autriche-Hongrie. . .
Suède
On voit par ce tableau que si les États-Unis l'emportent aujourd'hui définitivement sur les autres pays, l'Almagne est en train de dépasser l'Angleterre.
SUR LE VOYAGE DE GUILLAUME II EN PALESTINE ET LES PROGRÈS DES ALLEMANDS DANS LE LEVANT.
Le voyage de Guillaume II en Orient restera un des événements mémorables du règne de cet empereur. Il a eu au point de vue économique comme au point de vue politique une si grande importance qu'il ne sera pas inutile d'en dire quelques mots.
Sans doute il se présente surtout comme ayant un caractère religieux. Sont principal but était l'inauguration de l'église protestante du Rédempteur à Jérusalem et la visite des Lieux Saints. Il n'est pas douteux en effet que l'Empereurn'ait cherché à profiler de l'affaiblissement des idées religieuses en France, et du peu de crédit des catholiques auprès de notre gouvernement pour conquérir en Orient, au profit de l'Allemagne, une influence dont les États prolestants étaient jusqu'alors dépourvus. L'Empereur voudrait visiblement attribuer à l'Allemagne protestante, mais officiellement religieuse, une part de celte protection des chrétiens en Orient qui jusqu'alors estrestée comme le monopole de la France (1).
(1) La visite au sultan semble au premier abord se concilier difficilement avec les apparences religieuses de cette sorte de pèlerinage. Elle s'explique par des raisons politiques dont nous ne pouvons parler ici
N'a-t-il pas essayé d'obtenir de Léon XIII la création d'une nonciature à Constantinople? Les catholiques de l'Empire ottoman eussent relevé du nonce accrédité auprès du sultan. C'eût été une grave atteinte portée à notre protectorat. On sait que le Pape, par une lettre en date du 20 août 1898, destinée à être rendue publique à l'heure que le destinataire (le cardinal Langénieux) jugerait convenable, a déclaré qu'il ne voulait pas se prêter à une combinaison qui pourrait enlever quelque chose aux prérogatives séculaires de la France (1).
Il est parvenu du moins à mobiliser le catholicisme allemand, et à l'associer à la campagne entreprise contre notre influence en Orient. L'évêque auxiliaire de Cologne, Mg"" Schmitz (mort depuis, et qui était connu par son mauvais vouloir à l'égard de la France), a accompagné le souverain, pour représenter, à côté des pasteurs protestants, les intérêts du catholicisme. Sa présence a été comme un symbole de la bienveillance de Guillaume envers les catholiques. Celui-ci a voulu
et par des raisons économiques que nous avons déjà indiquées. Le correspondant du Times écrivail naguère de Constantinople que le voyage de l'Empereur « avait préparé le terrain à toutes les entreprises commerciales des Allemands ».
(1) « La France, a dit Léon XIII, a en Orient une mission à part... consacrée non seulement par une pratique séculaire, mais aussi par des traités internationaux... Le Saint-Siège ne veut rien toucher au glorieux patrimoine que la France a reçu de ses ancêtres... ». Cette lettre a provoqué une vive polémique de presse en Allemagne. Au fond la question est de savoir si notre protectorat est exclusif de tout autre. Si un catholique allemand a besoin de protection, devrat-ii s'adresser au consul français, agissant selon le vœu du Pape, ou au consul allemand? Quel moyen aurions-nous, s'il s'arrête à celte dernière solution, de faire prévaloir nos droits?... Cf. Etienne Lamy, La France dans le Levant, Revue des Deux-Mondes, 15 septembre 1899. V. aussi ibid., 15 janvier 1899, p. 315.