‹ L'estampe française;Chapitre 18 sur 45 · IJ · texte numérisé non relu

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taille-douce qu’elle tenait déjà sous Louis XIV avec les Audran et les Drevet ». Personne d’ailleurs ne demande qui peut bien avoir tenu le sceptre pendant l’interrègne, mais c’est la note officielle; on a commencé à l’entendre sous la direction de M. d’Angiviller, on la retrouve, développée avec ampleur, dans les considérants du décret royal qui nomme Bervic chevalier de la Légion d’honneur (1819).

L’histoire de la gravure française au XVIIIe siècle se termine sur ces deux événements significatifs : les récompenses du Salon de l’an VII, et la vente de collections de Basan qui se fit le 11 Frimaire de la même année (ier décembre 1798). Nous avons donné quelques prix de cette vente où, sur les plus belles estampes du XVIIIe siècle, les enchères tombaient sou par sou, tristement, comme des pincées de terre sur le couvercle cl’un cercueil; on ne songeait guère alors à la résurrection triomphale dont nous avons été les témoins.

« Ayez un caractère national », disait le ministre Benezech aux artistes français qu’il invitait à retracer les triomphes de la Liberté (9 Floréal, an IV). Certains graveurs en ont conclu que le caractère national ne pouvait mieux s’affirmer que par une implacable sévérité du métier; cet effort, si visible, a-t-il porté? Nous avons aujourd’hui le recul suffisant pour en douter, et il semble que la gravité de Y Éducation d'Achille a moins bien servi l’idée française à travers le monde que la légèreté des Arabesques de Watteau.

: Salon de l’an VIII, par Monsaldy

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