‹ L'esthétique anglaise: étude sur M. John Ruskin (volume 2)Chapitre 4 sur 22 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Tesprit, et c'étaient les images, c'était Tart, avec ses histoires peintes ou sculptées du ciel et de la terre, qui donnait l'impulsion à la pensée des masses, plutôt qu'il ne suivait le mouvement de l'intelligence répandue dans les sociétés. Maintenant tout est diamétralement changé. Dès la renaissance, la réjQexion et le raisonnement avaient envahi les artistes eux-mêmes, et depuis un siècle surtout, la presse, les gouvernements, la dissémination de la pensée, la perfection aussi des chefs-d'œuvre sortis de la main des maîtres ont largement réussi à tirer la peinture de son sanctuaire pour la placer au grand jour de la publicité. Nous sommes fiers de ce résultat. Nous nous applaudissons des expositions qui mettent l'art à la portée de toutes les classes, des encouragements nationaux qui l'honorent comme un pouvoir social ; et nous n'aspirons qu'à lui faire encore un plus riche apanage, à changer ses expositions annuelles en exhibitions permanentes. Nous nous réjouissons de lui voir trouver place dans les journaux, de le voir expliqué, commenté, discuté comme une question d'intérêt générai. Hélas I tout ce patronage public et toute cette popularisation, où nous mettons précisément nos espérances et dont nous attendons pour lui un futur âge d'or plus glorieux que ceux du passé, sont loin de m'apparaître sous des couleurs aussi flatteuses. Le fait certain, c'est que l'art, en devenant un fonctionnaire de l'État, est tombé sous l'empire du droit commun, et que la corporation autrefois souveraine a perdu de plus en plus, non-seulement son rôle d'initiatrice, mais encore son indépendance. En définitive, depuis que. les tableaux ont la nation

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