L'esthétique anglaise
La matière de ce volume est tirée en grande partie de deux articles que j'ai publiés dans la Revue des deux mondes sous le titre de : Une nouvelle théorie de l'art en Angleterre (1" juillet 1860), et De l'influence de la littérature sur les beaux-arts (15 août 1861). Ces deux études roulaient également sur les nombreux écrits de M. John Ruskin, et je me suis à peu près borné à les refondre en un seul tout, en y ajoutant ou en y rétablissant des développements qui n'avaient pu trouver place dans un recueil comme la Revue. J'espère que, pour qui me lira avec quelque attention, le contenu de mon petit livre justifiera suffisamment le titre un peu présomptueux d'esthétique anglaise. Sans parler de l'influence considérable que les écrits de M. Ruskin ont exercée dans son pays par suite de leur puissance intrinsèque; sans parler du droit de premier occupant en vertu duquel sa propagande ardente s'est emparée d'une forte partie du public que nul avant lui n'avait su intéresser à des questions d'esthétique, ses théories elles-mêmes comme ses appréciations avaient commencé par être éminemment anglaises; et c'est là une des raisons de la rapide popularité qu'elles lui ont value. 11 est facile de s'apercevoir qu'elles pion-