‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 100 sur 163 · Fr. Benoit, L'Art franc, sous la Révolution, p. 118 sq · texte numérisé non relu

Fr. Benoit, L'Art franc, sous la Révolution, p. 118 sq

peintres de scènes domestiques et familières ; David même se laisse un moment séduire au frottis argentin de Téniers. Gros vénère Rubens, dont l'ouverture du Sénat conservateur (Luxembourg) révèle à nouveau l'éclatante suite sur la Vie de Marie de Médicis. Ils atteignent dans les ventes des prix formidables. Ecole vulgaire pourtant, qui « rabaisse au dernier degré l'imitation de l'homme », ne réussit qu'à la laideur, trouve moyen de peindre, sous le prétexte d'une Sainte Famille, (( une nourrice de village qui allaite son nourrisson »

sous une cabane, ou (c prend soin de son enfance! »

Tout lui est tableau de genre : elle est (( aussi remarquable par le précieux, le fini technique et la fidélité des tons, que par l'insignifiance des sujets, la bassesse des formes, des expressions, des personnages, et la nullité d'invention ». Malheureusement, entre un Teniers, « où le mécanisme de l'art est tout », et un Poussin, le peuple n'hésitera jamais ^ Quant à Rubens, il a donné dans la galerie de Médicis des modèles de l'idéalisation de l'histoire par l'allégorie, mais là même il comiTiet de graves fautes de goût quand il associe à de grands dignitaires du christianisme, à des cardinaux en robe rouge, un personnage mythologique, un Mercure nu; (( son style de dessin est fort peu idéal », et un déplorable penchant « porte le grand coloriste à la manière incorrecte et un peu vulgaire du portrait » .

Nous ne demanderons rien non plus à l'école allemande. C'est pour l'avoir connue de près,- non seulement au Louvre, mais encore en Allemagne durant sa proscription (1798- 1800), que Quatremère sait la contagion qui peut sortir d'elle. S'il demande au ministre de l'Intérieur, en 1824, l'autorisation pour l'Académie des Beaux-Arts d'employer l'excédent des frais d'édition de la correspondance de N. Poussin (dont il a pris l'initiative) à l'achat, pour la bibliothèque de l'Institut, de la « Collection de tableaux de l école allemande et flamande », ouvrage de Boisserée et Bertram, il n'est ici que l'interprète de ses confrères parmi lesquels

i. L'Idéal, p. 177 ; \J Imitation , p. 162, 172, 177, 288, 371-374.

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