‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 110 sur 163 · LE MOYEN AGE III · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE III

viennent travailler en France et qui ont fait transférer à la Flandre la gloire d'initiatrice retirée à l'Italie. Flandre d'abord quand il s'agissait d'éveiller la France au naturalisme, Italie ensuite quand il a fallu lui révéler l'antiquité et le style, ce fut toujours l'influence étrangère I Le xiii'' siècle, qui n'est ni flamand ni italien, n'a pas de nationalité, puisqu'il est d'après eux anonyme. En esprit classique, avec la conception aristocratique ou héroïque de l'histoire et la conception individuelle et nominale du génie, ce qui est anonyme ne compte point. Aussi l'anonymat des maîtres d'œuvre et des imagiers gothiques est-il un article de foi. L'ignorance de Quatremère et des classiques leur est devenue un dogme, que les romantiques se sont empressés de recueillir parce qu'il flattait leur partialité en faveur des foules et du mystère. Quatremère, qui connaît le Musée des monuments français, n'y voit, pour les époques antérieures au xvi^ siècle, que des statues d'une « maussade bonhomie... qui ne dit rien à l'esprit » \ Cette fois encore Em. David proteste avec indignation dans la « Revue encyclopédique » (i 8 19- 1820) : (( Du xi*' au xv*" siècle on exécutait en France beaucoup plus de sculptures qu'il ne s'en fait aujourd'hui, et c'étaient des sculpteurs français » ; les textes qu'il avance comme preuves forment un véritable corpus, le seul que nous ayons encore pour l'histoire de la sculpture au moyen âge ; et la nomenclature des œuvres, qui commence avec les Sarcophages d'Arles, parcourt les abbatiales romanes, les cathédrales du xiii*^ siècle, et finit avec le jubé d'Albi, ressemble à une litanie sacrée ^ Il recommence en pleine Académie des Beaux- Arts, en présence de Quatremère de Quincy, en 1826, par la lecture des Recherches sur les sculpteurs en France jus qu en i532, et en 1829, par la lecture de son Tableau historique des productions de VEcole française depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'à la mort de Henri /F^ Mais il ne pouvait convaincre Quatre-

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