‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 115 sur 163 · Storia délia Scult., t. III, p. 1/4I · texte numérisé non relu

Storia délia Scult., t. III, p. 1/4I

Il6 LES AUTORITÉS MODERNES DE LA DOCTRINE

un grand artiste qui pratique excellemment Tallégorie aux plafonds de Versailles, Le Sueur a la tendresse et le charme; mais tous deux sont des élèves des Bolonais, et les Bolonais sont des peintres de décadence \ Quatremère a ici le double mérite, d'avoir mis en lumière l'influence considérable des écoles bolonaise et romaine (Pierre de Cortone) sur nos artistes, et d'avoir franchement avoué, malgré Gicognara, que cette fois c'est d'Italie qu'est venue la corruption. Il y a Italie et Italie : il n'est que de savoir choisir.

Il est à peine utile de déclarer que l'Ecole classique ne prendra pas ses autorités ou ses exemples dans le xviii^ siècle. La décadence de l'art date de la mort de Louis XIV. Toute l'œuvre de Quatremère, entre 1791 et i83o, apologie du système idéal, de l'antique, du colossal, est une réaction énergique contre cet art de (( pygmées » \ qui réduisit le beau au joli, le palais à la petite maison, le salon au boudoir, la fresque au trumeau, la peinture d'histoire à la miniature; qui pratiqua, comme Pigalle, jusqu'à un réalisme (( dégoûtant », (( l'école du modèle », c'est-à-dire la vérité anatomique, et confondit jusqu'à l'identité des effets la sculpture et la peinture. Et sa préoccupation est de prévenir le retour de ces errements, que le romantisme va reprendre. Le goût antique n'est revenu que dans le dernier tiers du siècle, avec Bouchardon et Julien, Drouais, Vincent et David, avec l'influence des découvertes d'Herculanum et celle de Winckelmann. Or, par toutes ces voies, il nous revient d'Italie.

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