Magaz. Encyclop., i8o5, t. III, p. 33C
tx LES SOURCES ANTIQUES DE LA DOCTRINE
Jean-Baptiste Giiaud\ un ami de.Quatremère, il devient aussitôt le (( catéchisme des jeunes statuaires^». O nature, s'écrie Emeric-David, Tldéal n'est qu'en toi ! » Si la sculpture des Grecs est parfaite, c'est qu'ils ont recherché avant tout la vérité d'imitation et reproduit fidèlement le modèle en se contentant de le choisir. L'Idéal, c'est la nature choisie. Ils prenaient des hommes heaux comme des dieux, mais (( l'Apollon n'est qu'un homme ». Faisons comme eux: après avoir choisi, « représentons les choses comme elles sont, les actions comme elles ont eu lieu, et les personnes telles qu'on les voit^ ».
L'ouvrage, qui traîne dans tous les ateliers, risque de précipiter les sculpteurs dans le réalisme où ils n'inclinent que trop. Pour en détiuire l'efTet Quatremère publie V Idéal dans les Archives littéraires et dans le Moniteur. C'est à la fois une œuvre de doctrine et un acte de combat, où les idées les plus abstraites, les idées platoniciennes, s'animent de passion.
Quatremère juge l'art grec sur les œuvres gréco-romaines, sur les copies d'originaux ou les copies de copies, qu'il a étudiées à Rome de 1776 à 1780 et de 1783 à 178/î, et qu'il a retrouvées en partie au Musée des Antiques ^ depuis le (( rapt » de Bonaparte. Le témoignage de Platon et de
1. Un des artistes les plus originaux de l'époque (i783-i836). Cf. Miel, Notice sur les deux Girat/c/ (iSSg-iS/io); L, Courajod, Gaz. des B.-Arts, 1891, t. I, p. 3o8 sq.
2. Sur le succès et l'influence de son livre cf. Em, David, Requête au vicomte de La Rochefoucauld, 28 déc. 1824 (Arch. Nat., O^ 1807/0).
3. P. 2^7, 267, 277, 829, etc., — Il reprendra sa thèse en 181 7 (Mémoire sur les progrès de la sculpture grecque, 1817): « Point d'abstractions, point de systèmes. La nature offrit les modèles. Toujours le goût ne cessa de demander aux statuaires des imitations fidèles, parlantes, propres à produire l'illusion, m
4. Cf. VEtat des objets d'art dont nos musées se sont enrichis pendant la guerre de Liberté, dans l'ouvrage de Millzia, L'Art de voir dans les Beaux-Arts, traduit par Pommorcul, an VI, in-80, p. 276-804 : du Gapitole : le Tireur d'épine, l'Amour et Psyché, l'Antinous ; du Vatican : le Laocoon, Melpomène, Gcrès, le Nil, le Tibre, Apollon citharède, Méléagre, le Torse d'Hercule, Ilercule-Gom mode, le Discobole, le Faune lliUeur, Sardanapale, J. César en Pontife, Uranie, le Discobole courbé, Vénus, Cléopàtre (Ariadne), les Muses, Ménandre, Pos'.dippe, le Gladiateur mourant, la Flore