L IDEALISME DE L ART GREC O
Cicéron confirme pour lui l'analyse des œuvres : l'art grec est (( au delà de la nature », idéal, par son origine, son objet, sa méthode, et ses résultats. Son origine, ce sont les hiéroglyphes, où les foimes, généralisées à l'extrôme, ne sont plus qu'une écriture : avant d'être une image, le basrelief primitif est une inscription'. En sa belle maturité, avec Phidias ou son école, l'art reste fidèle à cette tradition : les bas-reliefs du Parthénon, que Quatremère connaît par les dessins de Carrey, par les plâtres de Ghoiseul-Gouffîer moulés par Fauvel et par un fragment original entré au muséum en août 1801 \ lui révèlent une manière grande et simple, peu recherchée dans les détails, souvent raide dans les contours et symétrique dans la composition ^ Cet art est idéal en son objet : la statue grecque n'est pas celle d'un homme, mais de l'homme, avant que les « dégradations ^successives n'aient altéré sa régularité primitive' ». Il est idéal en sa méthode : au lieu d'abdiquer devant la nature, il abstrait et généralise ; sauf le vieillard appelé Sénèque au bain et le Tireur d'épine, qui sont des copies moulées sur le modèle vivant, regardez les têtes grecques, surtout celles des divinités : aucun détail minutieux, le profil est rectiligne, les sourcils et le nez angulairement taillés, les yeux sans prunelles, les cheveux et la barbe traités par masses factices et composées ; de l'épaule les plis tombent perpendiculaires, et l'ensemble est une harmonie où les yeux et l'esprit goûtent la joie de la plénitude \ Enfin cet art est idéal en ses