Moniteur, 17 oct. i83/i
2. A Rome, la pinacothèque vaticane compte déjà i3 secentistes pour 6 peintres du xve (cf. L'Iiinerario di Roma et Contorni, de Nibbj, i834, p. 261).
3. Explication des ouvrages exposés au Musée Royal..., 1824. ■^ l\. De même dans son saint Jérôme (SaL ig^y)- i 5. Journal des Savants, nov. 1818, et 1819, p. 3oi.
tient des Bolonais le contournement des draperies, la recherche exagérée des elTets pittoresques, le goût des compositions contrastées. Ils ont gâté notre école française du xYii** siècle : elle ne doit à cet art vieilli qu'une vieille jeunesse \ Leur funeste influence a même traversé le xviii" siècle : Quatremère, élève de l'Académie de dessin vers 1776, a assisté à la gloire de Pierre (17 15-1789), premier peintre du Roi depuis 1770 et qui administre l'Académie royale de peinture et de sculpture ; c'est le triomphe des défauts des secentistes, tapage des couleurs, touche hardie, lignes tourmentées, fougue déclamatoire de l'ensemble.
Mais la fine intuition, c'est d'avoir discerné à l'avance dans le tempérament de certains peintres du (( Seicento » quelques symptômes des vices qu'il dénoncera dans le Romantisme : la véhémence des mouvements et l'abus des gestes chez Pierre de Gortone, le naturalisme brutal chez Caravage, qui a formé Ribera et par lui les écoles napolitaine et espagnole ; chez tous l'amour des ombres fortes et les brusques rehauts de la touche. Ils sont déjà de l'école de la (( sensation ». Après Sigalon, Petrus Borel déclarera sa prédilection pour le Valentin et le Caravage ^ et Géleslin Nanteuil, au salon de 1837, se souviendra, dans son Christ guérissant les malades, des ombres poussées du premier et du dramatisme violent du second : le Moniteur en est frappée
Les classiques écarteront donc primitifs et bolonais, plus généralement les peintres du xv'' et du xYif siècles. Acerbité et corruption répugnent à leur esprit. Laissant à la curiosité ou à l'érudition purement historique l'étude de l'art qui commence et de celui qui finit, la genèse ou le déclin, il cherche (( le point de maturité, de perfection » '. C'est au xvi*' siècle, ou plutôt à l'époque comprise entre les dates