‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 133 sur 163 · Le Temps, 27 oct. i83o · texte numérisé non relu

Le Temps, 27 oct. i83o

LA PEINTURE ITALIENNE iSy

ton clair et la composition simple » de ses premiers tableaux ^ : c'est tirer insensiblement la perfection vers les ébauches premières de Raphaël, vers T archaïsme. Quatremère a vu juste : Mme de Slaël, en quête de sensations neuves, admire surtout sa (( première manière ))^ Artaud, Delécluze insistent sur ses obligalions à l'égard de ses prédécesseurs immédiats. Selon Paillot de Montabert il n'eût pas existé sans Perugino : il n'est qu'un Pérugin meilleure' De Kératry proclame sa dette à l'égard de Masaccio \ En i823, l'année même du (( Raphaël » de Quatremère, le dernier volume de planches de V Histoire de VAvt, de d'Agincourt, montre en Raphaël le terme naturel d'une évolution dont les Bysantins sont le point de départ et Pérugin Favant-dernière étape \ Son génie n'est plus qu'une résultante. Appliquer l'histoire au génie, c'est lui chercher des créanciers.

Mais l'Ecole veille autour du maître. C'est dans sa tradition : Mengs avait déclaré péremptoirement que Raphaël ne prit rien au Pérugin ^; et Quatremère à son tour, sans violence, par sollicitation délicate, le tire à part. Certes, Raphaël participe d'abord à la « timide routine » de son maître, et l'on pourrait compter alors les cheveux des têtes qu'il peint; mais il ne l'a d'abord suivi que pour le mieux dépasser^; et même, « le génie de Raphaël, d'après de récentes recherches, aurait singulièrement influé sur le talent du Pérugin ))^ L'insinuation est piquante; un pas de plus et c'est à

T. « Cela ne signifie rien, sinon que le talent de Raphaël a progressé et que la beauté mâle de son âge mûr est autre chose que le charme de son printemps » (Raphaël, p. 355).

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