Moniteur, i8o5, p. Sog ^. h' Idéal, p. 4i
5. Id., p. II, 10 1- 102. « L'habitude contractée de saisir avant tout les grands rapports, de procéder dans l'imitation des corps par grandes formes, d'en élaguer les petits détails comme étant autant d'incidents qui diminuent l'action de l'eirct général, cette habitude fut cause que l'artiste, même dans les parties minutieuses, sembla s'étudier à les agrandir par plus d'une omission volontaire, par exemple dans la manière de traiter les minuties des cheveux, de la barbe, des veines, des sourcils, des paupières, etc.. En Grèce, le corps de l'homme parut, dans son image, comme épuré. C'est l'homme en quelque sorte tel qu'on pourrait croire que le Créateur l'avait formé, tel que la nature de son tvpe élémentaire veut qu'il soit » {id., p. 53).
résultats : l'expression de la physionomie reste sérieuse, car la passion, qui contracte les traits, enlaidit^ ; la pantomime reste sobre, car le mouvement exagéré rompt la ligne ; les scènes composées, dans les groupes de statues ou sur les bas-reliefs, sont « en style de procession », simples d'agencement, peu nombreuses en personnages, peu profondes de plan, et de faible relief. Emeric David s'est donc trompé, et classe de l'Institut a consacré son erreur : le sculpteur grec prouve par ses chefs-d'œuvre que, « bien que le modèle soit dans la nature, la nature n'est pas réciproquement dans le modèle^ » ; exclusivement attaché à l'imitation « conventionnelle, abstraite ou généralisée », il ne représente que le type universel, l'intelligible ^
Quatremère entend que cette haute leçon serve à nos sculpteurs modernes. UldéaL œuvre de combat plus encore que de doctrine, s'en prend au nom des Grecs à l'Ecole du Modèle*, quia sévi au xviii*' siècle, survit dans le xix% et menace de perdre l'art français. Poser dans l'atelier' un modèle forcément imparfait, dessiner d'après lui une Académie que déshonorent toutes les tares de la nature individuelle, telle est la routine oii ont été élevés les sculpteurs des règnes de Louis XV et de Louis XVI, et Quatremère lui-même, protégé de Pigalle, élève de Guillaume II Coustou. Sa haine voit juste^: c'est cette discipline de l'Académie qui a donné, en effet, les morceaux de réception du Louvre \ les Milon de