R. Schneider, op. cit., IV'' Partie
après avoir prêté ses notes h Quatremère, et lui avoir fourni l'appoint de ses gravures, il se réclame de lui pour son œuvre propre : le livre de l'un et les planches de l'autre se sont prêté un mutuel secours pour rénover le culte de Raphaël jusqu'en 1826, date à laquelle la copie des Loges par les frères Balze à l'instigation de Thiers et d'Ingres en marque l'apogée.
Le déclin suit immédiatement. Dès 1 83o , Eugène Delacroix, qui a déjà noté dans son JournaP l'apparition de l'ouvrage de Quatremère et qui l'a lu, y puise des raisons d'atténuer beaucoup l'admiration qu'il garde encore à cet « incomparable talent ». « Il n'a pas plus qu'un autre atteint la perfection... Son originalité ne paraît jamais plus vive que dans les idées qu'il emprunte » ; en fin de compte, (( il mourut à temps pour sa gloire » \ C'est surtout par son œuvre que Delacroix combat contre l'influence de Raphaël : les critiques romantiques, pour la définir, l'opposent à celle 011 les classiques puisent l'idée de perfection^. La doctrine du « point de maturité » est vaincue. Pour l'art grec Quatremère, remontant aux sources, s'arrêtait à Phidias .^^ Or l'archéologie, l'art surtout, ne cachent plus leur prédilection pour le franc archaïsme: Simart, élève d'Ingres, cultive 1 éginétisme à côté de l'Athéna du Parthénon. Dans l'art français, Quatremère voulait qu'on s'arrêtât au xvi^ siècle, qui le premier a connu le style ? Or, dès i83o le gothicisme triomphe dans l'art et dans l'histoire de l'art. Dans l'art italien, il voulait conserver comme un dogme la (( divinité » de Raphaël.^ Or voici que les peintres du Trecento, surtout du Quattrocento,
2. Revue de Paris, i83o, t. IL — G. Planche, dans V Artiste (t. IV, 1882, p. 78), écrit : « Il faut rompre avec le catholicisme ra])haclescpie. » — Une autre manœuvre des romantiques ou des indépendants consiste à revendiquer Raphaël comme un peintre profane, naturaliste, d'ailleurs fidèle disciple des quattrocentistes ; cf. l'artick; curieux de Ph. Busoni (L'Artiste, i834, t. VI, p, 262) : « Le catholicisme n'a eu aucune influence sur son œuvre... ; il a compris les choses les plus vulgaires comme les plus choisies... Il cultiva du reste les estampes d'A. Durer. »