Id., p
liomie de composition » et de l'ignorance anatomique des Primitifs \ Pour le juger grand, ce n'est pas aux anciens, aux Grecs surtout, mais à Donatello, à Luca Signorelli, à (( Grillandaio » son maître qu'il le faut comparer : ce qui était, selon Quatremère, sec, raide et froid, prend vie, mouvement et chaleur ^ Voilà qui est à l'adresse des néo-primitifs.
Voici maintenant le puissant idéaliste, qui remplace le costume contemporain par la vérité générale et constante du nu, que Donatello avait rarement osé aborder. Nues ou drapées, la plupart de ces figures n'ont pas d'exemplaire dans la réalité; « d'une génération spontanée, créations propreixient dites )), les Prophètes et les Sibylles de la Sixtine sont mieux que des figures idéales, elles sont des « Archétypes », que Michel-Ange trouvait dans la méditation de la Bible, comme Phidias puisait dans Homère son Jupiter Olympien \ Voilà pour les partisans de la « copie servile ».
Pour les Duseigneur et les Préault voici l'évocation du sculpteur qui sut avoir, quand il le voulut, trop rarement il est vrai, un dessin modéré, aux « contours coulants » et aux effets tranquilles, Quatremère insiste pour détruire le paradoxe qu'il est le maître absolu et exclusif de l'énergie': le Bacchus est d'un modèle rond, d'une ligne presque ondoyante ; la Pieta est d'un travail amoureux, caressant, et l'expression est toute tendresse et jeunesse ; le Christ de la Minerve est une étude classique ; celui des deux captifs du Louvre qui est achevé offre un dessin pur et large, assez coulant, sans ostentation anatomique et terminé avec amour. En peinture, l'Eve de la Sixtine a un charme tendre, et ses formes sont moelleuses ^