‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 157 sur 163 · Id., 1818, p · texte numérisé non relu

Id., 1818, p

disposer l'ensemble d'une manière pittoresque, par contrastes, et parfois ne travailler qu'un côté de la statue, le seul destiné à être regardé, comme dans les tableaux'. Ainsi Quatremère, qui a fort bien diagnostiqué l'impuissance plastique de la sculpture romantique, ne serait pas éloigné d'y voir le châtiment des vices que Michel-Ange a propagés.

C'est qu'à vrai diie Michel-Ange est pour lui, pour les vrais classiques (comme pour les romantiques eux-mêmes), une sorte de précurseur du romantisme. Il n'a garde de prononcer expressément ce qui pourrait alors passer pour un blasphème. Mais son analyse du Jugement dernier laisse entendre ce qu'il ne veut pas dire. Certes, il y a ici (( la correction inouïe du dessin », une science de la ligne, du nu et de toutes les attitudes du corps, dont les romantiques n'approcheront jamais. xMais cette science est au service d'une véritable folie d'imagination ; ces figures aux positions (( violentes et extravagantes », on ne saurait les apercevoir «qu'en songe». Ce génie manque décidément de raison, c'est un de ces phénomènes qui ne peuvent ni se répéter, ni s'expliquer \ Grave reproche de la part de l'Académisme, pour qui rien n'existe que ce qui s'analyse et se définit! Quatremère, de guerre lasse, ne trouve devant ces « colossales inventions » que les mots « incroyable », (( inexprimable », (( inénarrable », et (( monstrueux^ ».

Les romantiques de i835 vont-ils donc avoir tout à eux le grand artiste que chacun des deux partis voudrait garder pour soi.^^ Non ; Quatremère n'a pas de peine à trouver chez i lui de quoi leur faire honte, et de quoi justifier doctrine et art classiques. Voici le Michel- Ange qui a émancipé la peinture et la sculpture du « dessin rectiligne », de la « bon-

1. Tel est aussi le défaut de Pierre Puget, lui aussi peintre en sculpture, gâté [par Michel-Ange (ù/., 1819, p, 4o8). — Sur la filiation de Michel-Ange au Berlin, à l'art françaisdes xyii^ et xviii^ siècles, surtout dans la conception des tom-

[beaux, la critique contemporaine confirme celle de Quatremère : cf. M. Reyrmond, L'architecture du tombeau des Médicis, Gaz. /?.- A., janvier 1908, p. 23-34

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