‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 160 sur 163 · Id., p. i83-i · texte numérisé non relu

Id., p. i83-i

5. Id., p. i3, 44 j 253. Selon Quatremère, les œuvres médiocres sont, en sculpture, le David, académie insignifiante, et le Moïse : tous les deux sont vrai-

Donc, regardons Michel-Ange, mais avec circonspection. Les jeunes surtout ont à se défendre, non de son attrait, mais de son prestige conquérant. Tout le temps que Quatremère fut secrétaire perpétuel, c'est-à-dire exerça une tutelle sur l'Académie de France à Rome, Michel-Ange est donné aux pensionnaires comme non orthodoxe ; Gustave Planche se plaint de cette suspicion, qui atteint les Grecs aussi hien que Michel-Ange : l'Apollon et la Vénus de Médicis restent les deux modèles de la perfection pour nos futurs sculpteurs \ Quatremère tente même d'associer Ingres à ses griefs. Par deux fois, en t835, il avait demandé au directeur de la Villa Médicis des renseignements sur les figures d'ornements de la voûte de la Sixtine, dans l'intention de (( faire une petite chicane à Michel-Ange )). Il croyait que les ignudi étaient en couleur au lieu d'être en grisaille, ce qui eut été un contresens en des figures purement décoratives et qui représentent des sculptures ^ Ingres va à la Sixtine, lui envoie sur des calques le résultat de ses observations, collabore ainsi en une modeste mesure au Michel- Ange, et, quand il l'a reçu et lu, félicite l'auteur de cet ouvrage bien fait « pour arrêter et contenir les écarts d'une jeunesse souvent rétive aux grands principes du bon goût de l'art ancien^ ». Est-ce une façon de s associer aux critiques qu'exprime l'ouvrage .^^ Certes, Ingres admire Michel- Ange : c'est lui qui, avec les frère Balze, a réalisé l'idée de Forbin et de Tliiers de reproduire à Paris son œuvre du Vatican, comme celle de Raphaël aux Loges. Pourtant, sa dévotion à l'antique et à Raphaël n'est pas sans avoir nui un peu à son culte pour Michel- Ange : dans le commentaire écrit qu'il a donné vers i8/io de son dessin amplifié de l'apothéose d'Homère, le florentin est (( absorbé dans ses pensées, dans ses remords peut-être, en

ment trop éloignés du goût antique. Les chefs-d'œuvre sont le « Pensieroso », par la figure idéale et l'ajustement à l'antique, et les statues couchées des tombeaux, chefs-d'œuvre d'exécution où la chair vit, où l'art d'ailleurs ne s'attache qu'au principal, tandis que le romantisme s'applique au détail.

Page 1