‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 161 sur 163 · Lettres du 2 4 mars i835 et du i4 juin i · texte numérisé non relu

Lettres du 2 4 mars i835 et du i4 juin i

l68 LES AUTORITÉS MODEHNES DE LA DOCTRINE

songeant qu'il n'a pas été assez fidèle au culte des anciens^ ». Dans ï Apothéose de iS'2^ Michel-Ange n'avait pas ces scrupules ; mais depuis lors, le raphaélien choyé de l'Institut et du monde officiel, le directeur de l'Académie de France à Rome, a choisi entre Raphaël et Michel-Ange, entre Florence et Rome, au moins en théorie. Ingres a suivi Quatremère.

En définitive, l'école idéalo-antique et académique tend à rejeter Michel-Ange comme autorité officiellement reconnue. A chacun de choisir son attitude envers lui, delà choisir à part soi, à ses risques et périls. Trop épris de soimême, portant dans toute son œuvre le vice originel de l'école florentine, l'individualisme outrancier et la virtuosité du dessin, il est déjà responsable de la décadence. Il a gâté l'art en Italie et chez nous. Il ressort du livre incertain et complexe de Quatremère qu'il est difficile d'échapper à la prise de cette personnalité puissante, mais que dès lors on est perdu.

L'exemple qui rénovera notre peinture, c'est Raphaël; celui qui pourrait rénover notre sculpture c'est Ganova^. L'un et l'autre assoupliront, pour la rendre plus humaine, la ligne que David et ses disciples avaient tendue à l'excès d'après l'antique mal compris, et que Michel-Ange avant eux avait crispée par âpreté de génie. L œuvre de Raphaël et celle de Ganova sont les autorités ou les preuves les plus adéquates de la doctrine appelée classique, c'est-à-dire de celle qui admet l'inspiration de la nature, mais corrigée par l'étude de l'antiquité, par la conception subjective de ridéal, et par un ensemble de règles extraites des chefsd'œuvre que le temps a consacrés.

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