‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 18 sur 163 · L IDÉALISME DE LA HT GREC · texte numérisé non relu

L IDÉALISME DE LA HT GREC

nier élu de l'ancienne Académie qui lui a légué tous ses vices, un Clément de Ris totit « soigné de dentelles^ ».

Ces errements auraient semblé moins dangereux à Quatremère si, à une époque oii la théorie est toute-puissante, Emeric David ne les avait mis sous les auspices de la raison et des Grecs, ce qui revient au même. Ce n'est pas qu'il fût le seul : en cette même année i8o5, De Larsé^ et surtout Hogarth^se montrent sévères à l'idéal, et afRrment que la nature a même fait plus beau que les Grecs. Mais Em. David est le plus éloquent, le plus habile, et le néo-grec Jean-Baptiste Giraud lui a apporté ses précieuses connaissances d'atelier, vérifiées sur les originaux en Italie durant huit années, puis sur les nombreux moulages réunis par lui en 1799 en son hôtel de la place Vendôme. Il détrônait brusquement Winckelmann et Mengs' aux applaudissements d'une partie de l'Institut et de beaucoup d'artistes. Alors commence entre Quatremère et lui, à propos du génie de la sculpture grecque, de l'existence d'un art français au moyen âge, du sens du mot Renaissance..., ce long duel de deux natures d'esprit, de deux formules esthétiques, de deux conceptions de l'art. En 1800, le public s'émeut de leur querelle, où sont en cause l'histoire de l'art grec et la philosophie de l'art, et prend parti. Quatremère confie sa doctrine à la publicité des Archives Littéraires, puis du Moniteur-, il détache d'Emeric David J.-B. Giraud, dont le musée de moulages est le rendezvous des artistes indépendants. Il est même vraisemblable qu'il a dicté ou écrit le premier pamphlet ' que le statuaire (qui

1. Salon de 1806 (Décade, 1806, t.. LI, p. /i82-492), et le Pausanias, p. 475. Sur le goût très vif de l'Empire pour le portrait et les circonstances historiques qui l'expliquent, cf. Fr. Benoît, op. cit., p, i38.

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