‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 17 sur 163 · Avch. de l'Art français, 3*^ série, t. XVI, p. /ii · texte numérisé non relu

Avch. de l'Art français, 3*^ série, t. XVI, p. /ii

reprend faveur dans tous les genres'. Et voilà qu'Emeric David semble justifier par l'exemple des Grecs ce goût de servilité. Il était temps de définir la sculpture grecque par l'idéalisme platonicien et de condamner en son nom, au nom des chefs-d'œuvre du Louvre pénétrés de son esprit, la (( singerie » universelle. A la veille de V Idéal, en i8o3, Pajou, à soixante-treize ans, sculpte son énergique Démostliènes et une tête de satyre d'après son garçon d'atelier : Ghaussard ne se tient pas d'aise à les analyser ^ Mais c'est surtout contre le Salon de i8o/i^ que Y Idéal proteste au nom de Phidias : l'Empire, établi d'hier, y étale, comme un parvenu, sa prédilection « pour le système de calque et de patron ». En sculpture, beaucoup de bustes : sauf celui d'Alexandre, par Dejoux, qui représente son héros (( plutôt comme il devait être que comme il était », ils ont (( le mérite d'une exacte ressemblance, qui n'est pas celui que l'art doit ambitionner le plus ». En peinture, « Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa » offre les pestilences, les convulsions, les uniformes modernes, les architectures exactes. Félicitons-nous, déclare Ambulator, que Gros ait un peu voilé le mal terrible dans la demi-teinte : (( au grand jour c'eût été trop! » Les sujets militaires et de genre, à la flamande, les portraits, sont innombrables : (( inconvénient presque inévitable^ ». Le nu décroît, précisément parce qu'il est la vérité générale et humaine. En i8o5 même, l'année où Quatremère revendique les droits du « type universel», que chercha et trouva le génie grec, Espercieux sculpte pour le Salon prochain un buste de Lebrun, qui laisse percer l'anatomie et qui est creusé de rides, Duret une Sapho longue et maigre, Glodion un buste de Joseph Yernet d'une âpre ressemblance, Houdon un Colin d'Harleville (( repoussant d'extrême maigreur», et Deseine, der-

1. Cf. Ghaussard, Le Paasaiiias français, 1808, p. 7( ; le Mercure de France, t. XXXIV, p. iSo, et J. Lebreton, op. cit., p. 45, 83, 107.

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