Lettres à Denon sur le Salon, 1808, p
/|. Etudes sur le Beau dans les Arts, édit. de 1826, p. ^3.
5. Discours lu en séance publique le 24 avril (^Mémoires de l'Institut, 1816-
6. Histoire de la Peinture en Italie, 1817, p. 197, 201 sq. (chap, cvjii).
tués à Rome par la complicité de Quatremère et de Canova, Canova lui-même et les Bolonais.
Bref, cette première esquisse de la doctrine est intéressante en ses sources et en son point d'arrivée. Tournée comme une arme contre l'école du modèle, elle fait ressortir la continuité des mômes errements, du xviii^ siècle à l'Empire S puis au Romantisme. Ce que Quatremère attaque dans l'Idéal en i8o5, c'est le même mal qu'il croyait avoir détruit en 1791 en renversant l'ancienne Académie, c'est le symptôme de celui que dénonceront ['Imitation en 1823 et V Idéal réimprimé en 1887. Entre le Voltaire nu de Pigalle (1776), celui de Houdon (Sal. 1812), et la Mendicité de Préault (i833); entre la Peste de JafPa (i8o/i), le Radeau de la Méduse (1819), et la Liberté de Delacroix (i83i), il a suivi l'évolution logique d'un même vice : le goût(( des sensations matérielles^ ». Et de 1791 à 1887 l'idéalisme qu'il propose comme remède, il l'emprunte à l'antiquité. Seulement, en i8o5 il lui faut lutter pour arracher aux adversaires les autorités qu'il revendique comme siennes. Emeric David, ravi d'ailleurs des spoliations de Bonaparte, voit dans les antiques un encouragement à copier le modèle vivant après l'avoir choisi ; Quatremère, irrité des spoliations, voit dans les antiques la condamnation de l'art réaliste de l'Empire. Tous deux faisaient servir à des fins opposées des œuvres de la basse époque, composites, comme l'Apollon du Belvédère et le Laocoon, qui prêtent en effet à des interprétations diverses. Les marbres du Parthénon allaient-ils trancher la discussion .^^
1. En i8o5 les romantiques ne sont encore pour lui que les « novateurs », selon le sens énergique du radical latin.
2. Cf. la même tradition de réalisme entre le Milon de Grotone d'Et, Falconet (1754) et le Roland Furieux de Jehan du Seigneur (Sal. i83i), entre le buste de Guill. Goustou par Nie. Goustou (Louvre), ou le buste de Lebrun par Espercieux (1806), ou le buste de Marceau par Dumont (Louvre, Salon de 1800), et ceux de Dantan aîné (Sal. i833).
LES LETTRES A CANOVA (1818). L'IDÉAL ET LA NATURE DANS L'ART DE PHIDIAS
Quatremère est le plus saisissant exemple de Fémotion dont furent saisis les artistes, historiens de l'art et antiquaires, devant les sculptures du Partliénon apportées à Londres par lord Elgin de 1806 à 181 6, appréciées et expertisées par un jury d'archéologues et d'artistes à la requête du gouvernement anglais, achetées enfin en juillet i8i6 et installées au British Muséum dans une salle pareille à la cella d'un temple hypèthre et suivant l'ordonnance même des frontons ^ Rien de pareil à la joie que leur avait fait naguère éprouver l'installation à Paris, au Muséum central, des Antiques rapportés d'Italie : ceux-ci, déjà connus pour la plupart des pèlerins de l'art classique, fruits d'un rapt aux yeux de certains italianisants passionnés comme Quatremère, ne pouvaient avoir l'inestimable prix d'originaux grecs, de la grande époque, et presque datés ^ Or, ceux-ci révélaient brusquement un art ingénuement audacieux sans sortir de la beauté.
Ce que Quatremère et les autres antiquaires en connaissaient jusque-là n'était pas fait pour déflorer leur admira-
I Millin (^Annales cncychpéd., 1817, t. I, p. 116 sq.). Ce fut Visconti qui, en France, ébranla le premier l'opinion (cf. Mém. de l'Institut, Notice des travaux de la classe des B.-Arts depuis oct. iSil\, lue en séance publique le 28 oct. i8i5 par Joach. Lebreton ; et les Proc.-verb. de l'Acad. des Inscript., séances des 6, i3, 27 janvier et 3 février 1816). Il publie à Londres en 1816, puis à Paris en 18 18 (2^ édit.) le Mémoire sur les onvra<jes de 'iculptare du Parthénon et de quelques édifices de l'Acropole d'Athènes.