‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 23 sur 163 · Mém. de l'Institut, Acad. des Inscr., t. XXV, p · texte numérisé non relu

Mém. de l'Institut, Acad. des Inscr., t. XXV, p

LES LETTRES A CANOVA (1818) l5

I elles constatent et font elles-mêmes en partie dès 1818 la révolution qu'on n'a voulu dater que de la victoire de Navarin \ Les deux mémoires de Yisconti, qui fit partie à Lonj dres de la Commission d'expertise, sont surtout d'un archéologue : les Lettres sont d'un archéologue et d'un connais- , seur, qui a sculpté avec Julien et Dejoux dans l'atelier de ï Guillaume Coustou (vers 1776), qui s'adresse à un scul- I pteur, et apporte dans son analyse, encore excellente en I dépit des erreurs, le sens de la forme et la science technique. } Quelle leçon lui paraissent donner à la sculpture moderne 1 les marbres du Parthénon ? l'étude du modèle vivant, ou !: l'imitation du « type élémentaire » que l'espèce seule peut Ij offrir?

I II commence par bousculer, en leur nom, les « faux syst tèmes )) de Kirker, Lessing, Montfaucon, Gori, Caylus et surtout Winckelmann, sur l'art antique. En contribuant à renouveler ainsi son histoire, il renouvelle la base sur laquelle la doctrine s'appuie. Winckelmann « a voulu expliquer l'antiquité avant qu'elle ne fut explicable » ; incurieux de ce que le temps a détruit, il ne prévoit pas entre 1755 et ! 1768 ce que le temps devait restituer ; généralisateur pressé, il anticipe sur les observations accumulées que réservent les fouilles, qui seules peuvent étayer la science. Il manque encore de critique : il juge sur des copies ou des originaux de la basse époque, et ne fait presque jamais la part des restaurations". Quatremère rompt avec Winckelmann, qui s'impose encore à tant d'esprits en France depuis les traductions de Gellius et Robinet (1766), de Huber (i 781) et de Jansen (i 798-1 8o3), pour se mettre à l'école de Heyne, qu'il a connu en Allemagne de 1798 à 1800 : Winckelmann n'est qu' (( ingénieux et brillant », Heyne est « constamment exact et vrai )). C'est la philologie allemande qui discipline cet archéologue et lui livre sa méthode : (( remonter aux sour-

ces ^ ))

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