Courajod, Leçons du Louvre, t. III, p. 3i
2. Jupiter olympien, p. vii-viii, Lettres à Canova, cdit, i83G, p. io5-ion.
3. Art. sur Iloync dans la Biographie universelle, t. XX, 1817.
C'est le mot d'ordre des révolutions, en politique, en religion, en histoire de l'art et en esthétique. Quatremère presse historiens et artistes « de procéder du connu à l'inconnu..., ce qui n'a pas encore été fait », des copies aux originaux, et des originaux gréco-romains au pur hellénisme. On avait déjà tenté cet effort en architecture, dès 1768, en ressuscitant, par la théorie et la pratique, le dorique grec' ; mais la sculpture, en i8i/i, date du Jupiter Olympien, et en 1818, date des Lettres à Canova, en est restée comme modèles aux (( copies d'après des copies » et aux « ouvrages médiocres faits pour Rome en Grèce ou par des Grecs à Rome^ )), Le Laocoon, l'Apollon, le Torse d'Apollonios, la Niobé, sont les œuvres types du génie grec pour les historiens comme Winckelmann^ Milizia'^, Emeric David % pour les amateurs comme Mme de Staël et Schlegel, et pour les Davidiens, sauf les (( Primitifs » ou fervents de (( l'étruscisme ». Rome est F (( institutrice du monde », 011 Winckelmann aurait voulu être né et mourir ; la Grèce est là presque toute \ ainsi qu'à Ercolano et dans le musée des Studj à Naples, où Quatremère lui-même avait failli s'oublier de 1776a 1784. Les conquêtes de Bonaparte ne font que déplacer les modèles: les Lettres à Miranda, de 1796, par lesquelles Quatremère en dénonçait le projet et essayait de les prévenir, étaient encore un hymne à Rome éducatrice, et les articles sur Y Idéal, en i8o5, allaient au Louvre, non plus à Rome, demander aux antiques leur leçon ; mais c'était toujours la même leçon.
A partir de 181 4, du Jupiter Olympien, Quatremère ne cherche plus que l'art grec, et à sa source. Sans aller en Grèce, il tente de lui restituer par d'ingénieuses déductions
1. Cf. les ouvrages de Soulïlot, David Leroi, Winckelmann, Delagardette, etc.
2. Notice sur la Statue antique de Vénus découverte dans l'île de Milo en 1820. Paris, 182 1, p. G.