Lettre du g nov. i8i
2. 5« lettre à Canova, passim. « C'est d'une vérité à faire peur )> ; et Journal des Savants, 1820, p. 82... Quatremère est le premier qui ait prononcé à propos des « Parques « le mot de coquetterie (5<^ lettre).
ductioiis ^ )). Enfin, en rappelant que plusieurs de ces basreliefs ou statues ajoutaient la vérité de la couleur ^ celle des teintes proprement dites, celle des accessoires de métal, à la vérité du modelé, l'illustre antiquaire de l'Académie des Inscriptions et le secrétaire de l'Académie des Beaux-Arts consacrait la thèse du naturalisme de Phidias et de l'art attique à la grande époque.
Voilà qui est grave. Quelle doctrine fonder sur de pareilles autorités ? C'est ici que Quatremère coupe court "^ à la présomption des partisans de l'Ecole du modèle et des précurseurs romantiques. L'art de Phidias et de son école n'est pas la copie, même embellie, du modèle, même choisi. « La grandeur du style s'y allie avec la mollesse des chairs » ; il se peut que noblesse et grandeur seules soient de l'exagération, mais la vérité sans noblesse, qui ne séduit que les esprits communs, n'est pas celle de Phidias. La vérité naturelle, (( individuelle ou particularisée », appartient à ses successeurs : la sienne est idéale, (( généralisée ». Si le sculpteur du Jupiter olympien, de la Minerve du Parthénon, du Thésée ou de l'Hercule jeune, était plus propre à tailler les images des dieux que des hommes, c'est précisément que la divinité est « l'homme généralisé ». Ainsi, les scrupules du doctrinaire sont d'accord, chez Quatremère, avec l'instinct de l'artiste pour donner du génie de Phidias et du pur art grec (telle aussi la Vénus de Milo) la formule complexe qui reste la vraie '^. Il s'en sert comme d'une arme à deux tranchants : à l'école de Winckelmann et de David il oppose le naturalisme aisé de Phidias ; à l'école de Houdon, de Gros, de Géricault, de Delacroix, et à Emeric David, il oppose son idéalisme.
1. 2^, 4*^ et 5« lettre, éd. i836, p. A5-46, 97, 128-129. — Joiirn. des Sav., loc. citât.