Lettre à Granet, déc
6. Dans les études sur le Salon, du Moniteur, 7, 18, 28, 29 mai, et icr^ 5 jqij]
28 LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT
la joie de Thiers^ (( Le genre envahit tout », caricatural avec Boilly, sensible avec Roehn, couleur locale avec Forbin; Ducis expose des « romans peints », Richard et Révoil un Moyen Age précieusement ouvragé, où l'accessoire est le principal; les sujets contemporains et militaires entrent en ligne avec Bellanger, Langlois et surtout Horace Yernet, qui apparaît dès lors comme un révolutionnaire ^ ; le paysage quitte l'Italie pour l'Auvergne, la Suisse, les Vosges, le Brésil même avec sa « montagne des orgues » . Voilà que les marines offrent le mal de mer. Quatre cents portraits étalent « le préjugé des modernes : la ressemblance » : Delécluze demande qu'on leur défende l'entrée du Louvre ! (( La couleur fait oublier la forme » : Van Dyck et Bonington importent le coloris flamand et le poché anglais. Sur cet ensemble se détache la Courtisane de Sigalon, qui est du « mauvais Titien », et Dante et Virgile de Delacroix, « vraie tartouillade » selon Delécluze \ mais où Thiers salue un « grand talent dans la génération qui s'élève, et l'élan de la supériorité naissante ».
Alors Quatremère, les portes du Salon à peine fermées, entre en lice avec l'Imitation. C'est l'unique, mais puissant manifeste de l'école idéalo-antique en face du romantisme artistique. C'est là qu'il faut chercher le plus pur de la doctrine. Mais Quatremère ne s'y est pas tenu : en 1826, 1827, 1828, 1829, i833, à chaque blasphème ou scandale nouveau, il remonte dans sa chaire de l'Institut pour livrer batailles ; ses (( Notices historiques » sur les artistes académiciens défunts sont encore des œuvres de doctrine et de combat. Enfin, en 1837, deux ans avant sa retraite, à 82 ans, il ramasse d'une main assez débile ses articles anciens de i8o5, des morceaux de Vlmitation de 1823, appose sur cet assemblage inconsistant le titre de V Idéal, qui est toujours le cri de guerre, et lance le tout contre les romantiques, qui se