L'Idéal, p. 270-27G
5o LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT
relief OU de la peinture ^ La sculpture, si restreinte en ses moyens, la médaille ou monnaie, si réduite en son espace, s'accommodent encore à merveille d'un langage qui peut résumer l'univers visible et intelligible en quelques signes \
Il ne reste plus qu'à recommander à l'artiste qui doit idéaliser les apparences du monde moderne deux puissants moyens de transposition ou de métaphore : le costume classique et la nudité. Illogique dans le portrait des particuliers, le costume antique s'impose dans la représentation des personnages célèbres \ surtout à la sculpture commémorative. Le personnage de Henri IV est tellement inséparable de son armure dans le souvenir populaire que Lemot a bien fait de le dresser ainsi sur le Pont-Neuf; mais Bosio et lui, à Paris et à Lyon, auraient eu tort de ne pas donner à Louis XIV le manteau et le brodequin des empereurs romains. Le costume antique, c'est-à-dire la draperie noble et large, est le seul capable de beauté, le seul ample et rythmé ; il permet à la liberté de l'artiste de multiples combinaisons, qui toutes relèvent du principe essentiel : suivre les mouvements du corps \ Du reste, il n'est pas gréco-romain : il est (( naturel )), humain ; l'art antique n'a fait que prendre la nature pour modèle ; l'art moderne en use donc pour être plus vrai, et non pour être classique. Il est une « excellente méthode idéale de métaphore », car il rend le personnage moderne que sa célébrité élève au-dessus des caractéristiques des époques conforme « à la mode universelle de la nature ». Il est donc le costume a monumental » par excellence, celui des statues, qui parleront d'autant mieux aux