‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 51 sur 163 · Id., p. 357 sq · texte numérisé non relu

Id., p. 357 sq

/(. L'Idéal, p. 253-259.

SON ÉLABORATION /jQ

logiques ont aussi cette richesse de sens, à condition qu'on ne les introduise ni dans les sujets chrétiens, ni (comme l'a pourtant fait Rubens dans la galerie des Médicis en associant Mercure nu à deux cardinaux^) dans les scènes historiques iTiodernes, et qu'ils gardent dans leur attitude, dans leur physionomie et leurs gestes, le calme que suppose leur idéalité. En cfTet, « plus l'allégorie est mise en action, plus elle devient douteuse^ ». L'allégorie moderne, la Sagesse, la Volupté, la Discorde..., est précieuse aussi, parce qu'elle peut se mêler sans profanation aux sujets chrétiens, et remplacer en bien des cas, soit la mythologie à laquelle nous ne croyons plus, soit le merveilleux chrétien qui (( ne parle point aux sens^ ». C'est le triomphe de Fart de faire vivre l'abstraction, c'est-à-dire de faire voir l'intelligible ; car nous voyons (( la vengeance qui poursuit le crime, la discorde agiter ses torches, l'envie ses serpents, la calomnie broyer ses poisons, le temps fuir à tire-d'ailes ' ».

Enfin le style de composition symbolique va plus loin encore dans le système idéal : il remplace Fimage des choses ou les idées par leurs signes conventionnels, sortes d'hiéroglyphes, art (( inimitatif », qui ne s'adresse qu'à l'intelligence. Une balance suffît à exprimer la justice, une massue la force, un gouvernail l'administration, un glaive la loi. C'est le suprême effort de Fart pour condenser dans les images des objets matériels une idéalité si riche qu'elle est indéfinie '. Attribut, emblème ou symbole, communiquent aux arts les plus laconiques une formidable puissance d'expression. Ils conviennent à l'architecture, à qui les figures sont ' des ornements et les compositions des sortes d'inscriptions : , le style symbolique respecte les plans de Fédifice, n'en j perce pas les parois comme fait le style illusionniste du bas-

I I. Il est à remarquer que Quatremère, au sujet de l'allégorie, est aussi élo-

ij gieux pour Lebrun que sévère à Rubens (tV/., p. 373-87^).

*[ 2. /(L, p. 876, et Réflexions critiques sur les mausolées, 180G.

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