deuxième partie, chap, i
supérieur au simili-relief, au relief fictif en grisaille, dont Abel de Pujol et Meynier ont donné à la Bourse de si purs exemples la fresque ici va jusqu'au bout de sa destination : elle rejoini la sculpture à laquelle elle aspire ^ .
C'est que la sculpture lui est supérieure en dignité^ : elle est l'art préféré des classiques, comme la peinture est l'art familier des romantiques. Patronnée par les chefs-d'œuvre antiques concentrés au Louvre de 1798 à 181 5, profane de vocation puisqu'elle a surtout pour sujet le corps humain^, publique plus encore que la fresque par sa destination, elle est essentiellement forme, dessin, et monochromie. Bornée dans ses moyens, sa loi est le laconisme^ : l'allégorie lui convient car elle dit beaucoup avec peu ; la simplicité de la composition, la sérénité des expressions, le calme des lignes, des attitudes et des gestes, la beauté enfin lui sont imposées par sa nature même\ Canova en a donné les chefs-d'œuvre, oii le style antique et le style moderne se fondent ; si le groupe de l'Amour et Psyché couchés incline au maniérisme berninesque. Psyché et l'Amour debout ont la pureté divine des formes. Le bas-relief offre d'ailleurs plus de sécurité que la statuaire; non le bas-relief portatif, qui n'est qu'un tableau sculpté ^ mais le bas-relief monumental, dérivé de l'inscription hiéroglyphique, et prédestiné par cette origine même au (( système de symétrie » et au « style de procession ». Attaché à l'édifice dont il n'est qu'une dépendance décorative (comme une épigraphe), sobre de plans, de personnages, de mouvements, de relief, il est avec la statuaire l'art de la ligne, donc l'art régulateur '.
1. Notice historique sur La Barre, i835, p. i38. Voir Delécluze : la fresque est « intermédiaire entre la peinture et la sculpture » (^Moniteur, i8 mai 1822).
2. « La sculpture paraît avoir toujours et partout précédé la peinture « (Jupit. Olympien, p. 3).