‹ L'esthétique classique chez Quatremère de QuincyChapitre 79 sur 163 · Imitât., p · texte numérisé non relu

Imitât., p

qui est (( une des opérations distinctives du génie ». Collaborateur (^J ^-j^S-iS^lj) de ï Encyclopédie méthodique de Panckoucke, qui est une refonte de celle de Diderot, il ne cite ni Diderot ni aucun des esthéticiens dangereux qui mettent en formule le naturalisme du xyiii*" siècle, c'est-à-dire la copie du modèle \ et n'ont pas eu le temps de tirer parti des découvertes mises en œuvre et révélées par 1' « Academia Ercolanense » de lySS. Il doit beaucoup à Portalis. Lié avec lui durant leur retraite dans le Holstein (1797-1800), et liés encore par leur amitié commune pour Stolberg et Jacobi, Quatrcmère fait passer sans le dire dans les articles sur V Idéal (i8o5) et dans \ Imitation (1823) la substance de (( l'Esprit philosophique » dicté par Portalis à son fils en 1798 et qui ne sera publié par ce dernier qu'en 1820, probablement pour rétablir les droits ^ Il est d'ailleurs le fils des idéologues, contre lesquels le romantisme se lèvera en masse : à tout instant on sent chez lui l'influence non avouée de Cabanis et de Tracy, c'est-à-dire le parti pris d'appliquer la méthode analytique et rationnelle à l'étude du beau et des sentiments qu'il produit en nous^ ; l'esthétique est une idéologie. S'il ne les cite pas, c'est que leur abus de la raison et de l'analyse est suspect à l'Empire et à la Restauration. Classiques, mais dans le fond républicains et sceptiques, il est, lui, classique et bonapartiste sous l'Empire, classique, monarchiste et catholique sous les Bourbons et durant le premier romantisme, lesquels renient tous deux le dogme de Boileau et de Ch. Lebrun au nom des traditions nationales. (( Le beau idéal, dit Stendhal, est toujours un peu républicain'. )) Mais Quatremère, ami de Louis XVIII, et restaurateur des institutions artistiques de l'ancien régime, assume crânement l'antinomie.

1 . Pourtant le Salon de ij^j affirme l'existence d'un « modèle idéal de Beauté, qui n'est nulle part que dans la tête des Agasias, des Raphaël, des Poussin, des Puget, des Pigale... ».

2. De l'usage et de l'abus de l'esprit philosophique. Paris, 1820, p. 82.

3. Cf. Cabanis, Lettre sur les Poèmes d' Homère (Picavet, op. cit., p, 270).

4. Hist. de la Peinture en Italie, 181 7 (édit. 1892, p. 268).

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